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Égalité femmes-hommes : la Tunisie se classe 125ᵉ sur 145

  • 27 septembre 2026
  • 4 min de lecture
Égalité femmes-hommes : la Tunisie se classe 125ᵉ sur 145

En 2026, la Tunisie affiche un score global de 65% dans l’Indice mondial des écarts de genre, ce qui la place au 125ᵉ rang sur 145 économies, couvertes par la vingtième édition du Rapport mondial sur l’écart de genre (Global Gender Gap Report) qui vient d’être publié par le Forum Économique Mondial (World Economic Forum), a fait savoir l’institut arabe des chefs d’entreprises (IACE).

Le jeudi 16 septembre 2026, le Forum Économique Mondial a publié la 20ème édition du rapport annuel « Global Gender Gap » qui couvre un ensemble de 145 économies et analyse un échantillon longitudinal constant de 97 économies, incluses dans chacune des éditions depuis 2006. Ce rapport fournit l’évaluation la plus longue et la plus continue des progrès réalisés en matière de parité entre les femmes et les hommes, sur la base des enquêtes effectuées de façon identique à travers les partenaires régionaux. Le rapport indique que depuis 2006 la parité du genre au niveau international s’est améliorée de 5,2%.

La vingtième édition du « Global Gender Gap Report » montre qu’en 2026, aucune économie n’a encore atteint la parité complète entre les femmes et les hommes. Au rythme actuel des progrès, la résorption de l’écart global nécessiterait environ 120 années. Cette moyenne masque toutefois des écarts importants selon les dimensions considérées. Les progrès sont nettement plus avancés dans les domaines de l’éducation et de la santé, où la parité complète pourrait être atteinte respectivement en 8 ans. À l’inverse, les écarts demeurent beaucoup plus persistants en matière de participation économique et d’émancipation politique, pour lesquelles les projections s’établissent respectivement à 129 ans et 194 ans.

Pour la Tunisie, l’enquête relative à ce classement a été élaborée par l’IACE, partenaire officiel du Forum Économique Mondial. Il en ressort que la Tunisie se situe dans le dernier quintile du classement mondial. Sur les vingt dernières années, sa structure de performance demeure relativement stable : les écarts entre les femmes et les hommes sont largement résorbés dans les dimensions de l’éducation (97,4 %) et de la santé (96,2 %), tandis que des écarts importants persistent dans les dimensions de la participation économique (51,9%) et de l’émancipation politique (14 %).

Dans la comparaison par groupes, la Tunisie se situe au 29ᵉ rang parmi les économies à revenu faible ou intermédiaire et au 3ᵉ rang dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA). Sur la période 2006-2026, le score global de la Tunisie est passé de 62,9 % à 65%, soit une progression de 2,1%. Cette évolution traduit une amélioration du niveau de parité mesuré par l’indice sur les vingt dernières années. Cette progression du score s’accompagne toutefois d’un recul de 35 places dans le classement mondial, la Tunisie passant du 90ᵉ rang en 2006 au 125ᵉ rang en 2026. Ce recul doit être interprété en termes relatifs : le classement reflète la position de la Tunisie par rapport aux autres économies à chaque édition. Ainsi, l’amélioration de son score ne signifie pas nécessairement une amélioration de sa position relative lorsque d’autres économies progressent à un rythme plus rapide. Enfin, le score le plus élevé enregistré par la Tunisie sur la période considérée remonte à 2024, avec 66,8 %, année durant laquelle elle occupait le 115ᵉ rang mondial.

Le diagnostic fait ainsi apparaître un décalage entre les progrès réalisés dans la constitution du capital humain et leur traduction en participation effective dans la sphère économique et politique. Pour la Tunisie, le principal enjeu, selon le rapport, ne semble donc plus relever de l’accès à l’éducation ou à la santé, mais de la capacité à convertir ces acquis en une participation accrue au marché du travail, en opportunités économiques et en présence effective dans les espaces de décision.

Auteur

R. I

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