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EST – 11 entraîneurs se sont succédé depuis 2019 : Une effrayante instabilité !

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  • 28 septembre 2026
  • 5 min de lecture
EST – 11 entraîneurs se sont succédé depuis 2019 : Une effrayante instabilité !

L’EST, qui fait tout pour remporter la ligue des champions, n’y arrive pas. L’instabilité technique y est pour beaucoup avec un incroyable ballet d’entraîneurs qui viennent, reviennent et partent.

La Presse — Le chiffre a de quoi faire tourner la tête : 11 entraîneurs en l’espace de 7 ans à l’EST. Difficile avec tant d’entraîneurs qui ont défilé à la barre de construire un projet sportif sur le long et même le moyen terme. Ce n’est donc pas un hasard que l’équipe peine depuis 7 ans à remporter son cinquième titre africain.

Pourtant, Hamdi Meddeb, président et principal pourvoyeur du club, n’a jamais lésiné sur les moyens. Non seulement l’homme efface l’ardoise financière du club à la fin de chaque saison en honorant les dettes, il pèse de tout son poids financier pour doter l’équipe du meilleur effectif et n’hésite pas à amener l’entraîneur dont le profil correspond aux besoins du club.

Sauf que la passion dévorante du président a fini par faire du tort au club. Beaucoup d’agents transitent dans le sillage du Parc B pour ne servir que leurs propres intérêts. Résultat des courses : beaucoup de joueurs ont défilé sans apporter le plus escompté, coûtant au passage des millions de dinars à la caisse de l’Espérance et de son président. Et qui dit effectif pas vraiment compétitif pour remporter la Ligue des champions, dit entraîneur qui paye les pots cassés.

Mouine Chaâbani, le seul qui a perduré

Depuis 2019, l’entraîneur dont le passage a été long est Mouine Chaâbani qui a pris le train en marche le 8 octobre 2018 suite au départ précipité de Khaled Ben Yahia. Un gros risque puisqu’il a pris l’équipe à la veille de la demi-finale retour de la Ligue des champions. Un pari gagné puisqu’il a remporté le trophée, qu’il a conservé six mois plus tard, le 31 mai 2019, devant le Wydad.

Le premier passage de Chaâbani à la tête de l’équipe s’est poursuivie jusqu’au 22 juillet 2021. Depuis cette date, on assiste à un défilé interminable de techniciens. Radhi Jaïdi, arrivé le 4 août 2021, est parti le 8 juin 2022, limogé le jour même de son élimination par le CS Msaken en huitièmes de finale de la Coupe de Tunisie. Un premier projet sportif avorté alors que Jaïdi se projetait sur deux ans pour remporter la Ligue des champions.

Nabil Maâloul a pris la relève pour rester moins d’une année, remercié le 13 mai 2023 après le revers devant Al Ahly. De retour du Caire, c’est Anis Boussaïdi qui assure l’intérim.

On a rappelé dès lors Mouine Chaâbani sur la base de la réussite de son premier passage. Sauf que le retour de Chaâbani, qui ne disposait pas de la même qualité d’effectif, s’est avéré le passage de trop. Nommé le 23 mai 2023, il a été remercié le 2 octobre de la même année.

Par la suite, Tarek Thabet (2 octobre 2023-11 janvier 2024), Miguel Cardoso (12 janvier 2024-22 octobre 2024), Skander Kasri (22 octobre 2024-4 novembre 2024), Laurentiu Reghecampf (5 novembre 2024-17 mars 2025), Maher Kanzari (17 mars 2025-8 février 2026), Christian Bracconi (9 février 2026-18 février 2026), Patrice Beaumelle (21 février 2026-11 mai 2026), Christian Bracconi une deuxième fois (11 mai 2026-14 juin 2026) et Laurentiu Reghecampf une deuxième fois (15 juin 2026-23 septembre 2026) se sont relayés à la tête de l’EST.

Nettoyer le sillage du club

La force de Hamdi Meddeb c’est d’avoir vu le potentiel et cru en des entraîneurs novices. Nabil Maâloul, Maher Kanzari et Mouine Chaâbani ont démarré véritablement leur carrière d’entraîneur à l’Espérance. Il y a aussi des techniciens étrangers qui ont débarqué au Parc B, inconnus sur la scène africaine, à l’instar de Sébastien Desabre et Miguel Cardoso, et les voilà aujourd’hui sur le toit du continent.

Ceci dit, Hamdi Meddeb a tendance, malheureusement,  à s’entourer de personnes qui ne sont pas forcément à la hauteur de sa confiance. Aujourd’hui, l’erreur est réparée en confiant la section football à l’enfant du club, Chokri El Ouaer. Un footballeur de renom à la personnalité forte et tranchante. Rien que de ne pas avoir laissé partir gratuitement bon nombre de joueurs, comme c’était la coutume ces dernières années, est une première étape de la restructuration de la section football. Le cas de Mohamed Amine Tougaï dont le transfert à Al-Ahli Tripoli a rapporté 5,9 millions de dinars à la caisse de l’Espérance, sans compter les revenus issus de sa participation à la Coupe du monde avec la sélection algérienne, en dit long sur l’étendue du manque à gagner des années précédentes.

Le duo Hamdi Meddeb-Chokri El Ouaer est en mesure de révolutionner  la section football à condition de faire le grand nettoyage dans le sillage du club, d’établir un projet sportif digne de la grandeur de l’Espérance, de la formation des jeunes jusqu’à l’équipe senior. Il faut également donner du temps au temps pour construire une équipe et atteindre l’objectif escompté : remporter la Ligue des champions.

Enfin, il n’y a aucune équipe au monde qui remporte un titre chaque saison. Autant ne pas se laisser impressionner par tout ce qui se dit sur les réseaux sociaux. Une pression souvent inutile et nocive. Pablo Franco doit avoir le temps nécessaire d’apporter sa touche.

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Auteur

Walid NALOUTI

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