Médicaments : Les pharmaciens d’officine tirent la sonnette d’alarme face à la persistance des ruptures de stock
La Secrétaire Générale adjointe du syndicat tunisien des propriétaires de pharmacies privées, Amna Abbas, a indiqué ce mercredi que « la pénurie continue de médicaments ne se limite pas au traitement des troubles du rythme cardiaque, mais touche également d’autres produits introuvables ou rares, tels que les immunosuppresseurs essentiels pour les patients greffés, ainsi que les médicaments destinés à traiter les troubles du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), pourtant indispensables à certains élèves pour suivre leur scolarité ».
Intervenant par téléphone sur Jawhara FM, Emna Abbas a précisé que « la distribution de la version générique du médicament dédié à la régulation du rythme cardiaque a débuté hier, après une longue période d’interruption », tout en soulignant que « la crise persiste en raison de la faiblesse des quantités distribuées ». Elle a ajouté que « les pharmacies privées souffrent désormais de la faiblesse des quotas qui leur sont livrés par la pharmacie centrale : alors que les officines commandent des volumes précis, elles ne reçoivent en retour que des parts largement inférieures ».
Par ailleurs, Emna Abbas a révélé que « le syndicat avait proposé, il y a deux ans, la création d’une plateforme numérique en coordination avec la pharmacie centrale pour simplifier le processus de commande et permettre de vérifier en temps réel les prix et la disponibilité des médicaments directement depuis l’officine ». Elle a fait remarquer que « ce projet, qui avait pourtant bien avancé et intégrait des options de recherche avancée pour faciliter l’accès des citoyens aux soins, a été brusquement suspendu sans explication aucune ». Elle a également affirmé que le syndicat a adressé des courriers au PDG de la pharmacie centrale mais n’a reçu aucune réponse à ce jour.
Dans un autre registre, Emna Abbas est revenue sur le différend opposant les pharmacies aux municipalités concernant l’imposition de taxes locales sur les enseignes publicitaires des officines, conformément à une décision du ministère de l’Intérieur datant d’août 2023. Elle a tenu à rappeler qu’« une pharmacie constitue un établissement de santé et non un commerce », et que les signalétiques et enseignes relèvent légalement et obligatoirement des exigences de la profession et de l’inspection pharmaceutique du ministère de la Santé, au point qu’une pharmacie s’expose à la fermeture en cas d’absence de ces marquages.



