Besoins de financement de l’économie nationale : Des marges de manœuvre toujours importantes
Les besoins de financement pour la prochaine étape seront très importants. Pour 2026 et 2027, on parle respectivement de 27,3 et 26,2 milliards. Des chiffres qui donnent, déjà, des frissons et qui nécessitent, comme l’affirme, à chaque fois, le Président de la République, «de la rigueur, de l’engagement et de la discipline budgétaire». Des facteurs incontournables pour accélérer le rythme de notre croissance économique et valoriser, encore plus, les ressources propres de l’Etat.
La Presse — Pour la Tunisie, la pression serait, de toute évidence, assez profonde tout au long des prochaines années. Le dernier bulletin de conjoncture économique de la Banque mondiale relève que les besoins de financement seront très importants durant la prochaine étape, surtout que le pays est en plein chantier de reconstruction économique.
En 2026, les besoins seraient, selon l’institution financière de l’ordre de 27,3 milliards de dinars, alors que pour 2027, l’enveloppe serait de 26,2 milliards.
Des chiffres qui donnent des frissons, surtout pour un pays qui devrait compter, dans une bonne proportion, sur ses propres ressources vu les difficultés d’un recours à l’endettement extérieur, qui se retrouve déjà très élevé (plus de 80% du PIB).
Une situation complexe et une mission difficile qui nécessite, comme l’affirme souvent le Président de la République, de la rigueur, de la discipline budgétaire, une revalorisation significative des investissements et, notamment, un retour rapide à une croissance beaucoup plus rythmée.
Certes, la croissance économique tunisienne, comme l’affirme la BM, a retrouvé, ces derniers temps, une certaine embellie, mais la cadence est encore lente par rapport aux exigences de financement.
On reconnaît, en effet, que cette croissance positive reste peu rassurante étant donné la volatilité du marché international, la complexité géopolitique et la profondeur des turbulences commerciales mondiales.
Toutefois, malgré ce resserrement, l’on pense que notre pays dispose des moyens nécessaires pour résister et relever l’enjeu financier pour peu qu’il retrouve les parades adéquates. Et les pistes sont, de l’avis même de l’instance internationale, multiples. Il suffit, seulement, de se fixer une échelle de priorités précise.
Réinvention de l’environnement des affaires
A ce stade, l’on pense que la réinvention de notre environnement d’affaires et la redynamisation de l’entrepreneuriat local constitue un enjeu d’avenir majeur. L’environnement national est encore marqué par d’importantes contraintes qui freinent l’éclosion des entreprises locales.
C’est un environnement que la banque qualifie de «contrasté», ce qui explique qu’au moment où le secteur offshore dégage un excédent commercial d’environ 10 milliards de dinars, soit 5,4% du PIB, l’activité onshore affiche un déficit de 22,6 milliards de dinars, ce qui représente environ 12,1% du PIB.
Une situation paradoxale qui nécessite des corrections bien ciblées. La banque reconnait, à cet effet que les «entreprises offshore bénéficient d’un environnement sensiblement différent avec, notamment, des procédures administratives plus simples, des contraintes moindres sur les mouvements des capitaux et les changes, des accès plus simples aux intrants importés et une intégration plus forte aux marchés internationaux». Des facteurs assez importants pour créer un déséquilibre profond.
De ce fait, il est urgent, comme l’estime la BM, de trouver des solutions efficaces capables de redresser cette situation, surtout que notre pays mise, de plus en plus, sur la réactivation des ressources propres et la garantie d’une performance économique globale et durable.
En plus de cette question, l’enjeu de financement devrait tenir compte, comme le rappelle à chaque fois le Chef de l’Etat, d’une revalorisation sectorielle globale. Il est vrai, justement, que certains secteurs, autrefois stratégiques et hautement performants, semblent aujourd’hui en déclin.
Et c’est particulièrement le cas du textile-habillement, désormais incapable de retrouver son rythme habituel, faute d’investissement, d’innovation et d’adaptation aux nouvelles tendances internationales. D’ailleurs, pour le premier semestre 2026, les statistiques retiennent une régression de 3,3%.
Ce qui est encore important, c’est que notre pays peut compter, également, sur le financement « ami », qui constitue, de l’avis des analystes, une alternative sérieuse.
En effet, face au blocage international gratuit, notre pays peut toujours s’appuyer sur le cercle de ses amis pour financer, notamment, certains de ses programmes stratégiques, tels que le plan de développement 2026-2030. Sans parler, bien entendu, de la possibilité de reconvertir certaines dettes en projets de développement, comme le recommande souvent le Président de la République.
Des enjeux capitaux qui reposent, eux-mêmes, sur notre capacité à mobiliser une diplomatie économique et financière active et efficace.



