Le revers de l’équipe nationale résume l’état pitoyable de notre football surdimensionné.
La Presse —Lorsque nous expliquons la performance de nos adversaires par des caricatures insidieuses comme le ventre proéminent du gardien de but, que l’on demande le départ du ministre de la Jeunesse et des Sports en mettant en évidence les résultats catastrophiques de notre équipe nationale, que l’on rejette tout sur l’entraîneur ou le gardien de but (nous avons essayé de détruire moralement un et nous nous acheminons à faire de même avec le second), nous démontrons tout simplement que nous avons perdu nos valeurs, nos fondamentaux et notre sens de la critique constructive.
Ces résultats seraient passés presque en silence dans un pays où le football est un sport comme un autre. Et il l’est. Que vaut-il par rapport au volley-ball qui cartonne aussi bien au niveau méditerranéen que continental ? Que représente ce sport qui ne peut plus être considéré comme une discipline ciblée, en regard de sa gestion d’abord, sa gouvernance ensuite, son organisation enfin?
Si nous énumérons ses insuffisances, ce sera un scandale avec une infrastructure en piteux état et qui ne compte qu’un stade officiellement homologué sur le plan continental et bien sûr international, des champs de jeu inquiets pour leur devenir, des installations désuètes et un public indiscipliné et chauvin qui dénature et dévie des lieux supposés de loisirs.
Par rapport à la natation, au taekwondo et autres disciplines sportives complètement tenues à bout de bras par des volontaires ou par les parents, mais qui font résonner l’hymne national une dizaine de fois l’an, que vaut ce football?
L’opium du peuple
Oui, c’est l’opium du peuple. Mais pour les nations qui possèdent le meilleur QI, l’enseignement le plus performant, c’est la joie de vivre. Ce football pour lequel une fédération paie des centaines de millions à des personnes à récompenser pour on ne sait quels efforts ou services et qui parcourent le monde à la recherche de joueurs présentés comme des découvertes majeures, ce football mérite-t-il-tous ces pleurs et regrets? Assurément non.
Notre football a perdu son lustre depuis qu’il est devenu pseudo professionnel. Tous les moyens sont devenus bons pour transformer du plomb en or. Hier encore, une équipe de la Ligue 1 se déclare en perdition. D’autres le seront bientôt.
Et nous voulons nous comparer à des pays dont les joueurs bouffent le gazon pour démontrer leurs progrès? Nous sommes loin du compte et tant que nos critères de choix et de jugement ne dépasseront pas les limites d’une terrasse de café, nous ne nous dessaisirons pas ce complexe qui a tout faussé au départ. Parce qu’il se base sur les méfaits des idées préconçues, l’entêtement, le régionalisme et l’absence de droiture et d’éthique.
Faites vos comptes !



