Le coup d’envoi du nouveau dispositif de financement public, instauré dans le sillage de la réforme sur les chèques sans provision, a provoqué un véritable raz-de-marée numérique. Les plateformes bancaires ont enregistré une affluence massive dès les premières heures de leur mise en service, confirmant l’urgence des besoins de liquidités aussi bien chez les particuliers que chez les petits entrepreneurs tunisiens.
Houssem Bounenni, premier vice-président du Conseil de l’Ordre des comptables de Tunisie (OCT), a justement annoncé le ton d’un engouement massif des demandeurs dès l’ouverture des dépôts survenue à minuit dans la nuit du mercredi au jeudi 1er octobre 2026.
Intervenant ce vendredi 2 octobre 2026 sur les ondes de Jawhara FM, il a ajouté que, depuis, les serveurs des institutions financières participantes continuent de faire face à un flux continu de demandes.
L’intervenant a tenu à rappeler, à ce titre, que le cadre réglementaire qui encadre ce dispositif est strict.
Premier arrivé, premier servi !
Sur le plan technique et logistique, l’expert-comptable a insisté sur l’importance d’une inscription rapide pour les bénéficiaires potentiels. « Ce mécanisme de refinancement solidaire repose sur un principe d’attribution chronologique, couramment résumé par la règle du ‘’premier arrivé, premier servi’’ », rappelle-t-il.
L’enveloppe budgétaire globale de l’opération, précise-t-il encore, provient d’un prélèvement obligatoire de 8 % sur les bénéfices nets réalisés par le secteur bancaire. Par conséquent, ajoute M. Bounenni « les plateformes électroniques bloqueront de manière automatisée toute nouvelle candidature dès que les fonds alloués à chaque banque partenaire auront été intégralement consommés ».
Il a rappelé que ces « prêts d’honneur » ont été mis en place par le décret n°148 de l’année 2026 pour amortir l’impact de la restructuration financière du pays. Le dispositif se distingue par l’application d’un taux d’intérêt de 0 % et par l’absence d’exigences de garanties lourdes.
Les plafonds de financement ont été sectorisés pour toucher le tissu économique à plusieurs niveaux : jusqu’à 5 000 dinars pour les particuliers en situation de vulnérabilité, un prêt de 10 000 dinars pour les artisans et petits porteurs de projets indépendants, et une enveloppe pouvant atteindre 25 000 dinars spécifiquement réservée aux petites et moyennes entreprises (PME) ainsi qu’aux entreprises communautaires en phase de relance.
« En vertu des dispositions légales désormais en vigueur, les établissements bancaires sont tenus de notifier leur réponse aux demandeurs dans un délai maximal et contraignant de 10 jours à compter de la date de soumission électronique du dossier », a noté l’intervenant.
Il est toutefois à rappeler que pour que la demande soit éligible, le candidat ne doit pas avoir des antécédents d’impayés et ne pas avoir été interdit de chéquier.



