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Arabie saoudite : Les Houthis largement condamnés après une attaque contre Médine

  • 3 octobre 2026
  • 5 min de lecture
Arabie saoudite : Les Houthis largement condamnés après une attaque contre Médine

L’armée régulière du Yémen a, pour sa part, annoncé hier avoir mené «13 frappes aériennes de précision» contre les Houthis à travers les zones qu’ils contrôlent. Au moins 55 combattants anti-gouvernementaux ont été tués dans le gouvernorat de Taëz, selon des sources militaires houthies. La coalition militaire menée par Riyad a indiqué avoir intercepté jeudi soir et vendredi matin un total de trois missiles et quatre drones dans le sud de l’Arabie saoudite.

La Presse — La Ligue arabe a dénoncé une «dangereuse escalade» de la part des Houthis, qui ont intensifié leurs frappes contre l’Arabie saoudite depuis leur offensive meurtrière début septembre face aux forces du gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale et soutenu par Riyad.

L’Arabie saoudite a accusé les Houthis du Yémen d’avoir attaqué, jeudi soir, la ville sainte de Médine, soulevant une vague de condamnations dans le monde musulman.

Les combattants antigouvernementaux, qui contrôlent la capitale yéménite Sanaa, ont encore dénoncé «une agression saoudienne» jeudi soir contre la ville, où des correspondants de l’AFP ont entendu trois puissantes explosions et vu de larges volutes de fumée dans le ciel.

L’armée régulière du Yémen a quant à elle annoncé hier avoir mené «13 frappes aériennes de précision» contre les Houthis à travers les zones qu’ils contrôlent.

Les combats dans le sud-ouest du Yémen, entre les houthis pro-iraniens et les forces gouvernementales soutenues par l’Arabie saoudite, ont fait plus de 80 morts ces dernières 24 heures, ont indiqué hier à l’AFP des sources des deux camps. 

Au moins 55 combattants antigouvernementaux ont été tués dans le gouvernorat de Taëz, notamment par des frappes aériennes, selon des sources militaires houthies. Côté gouvernemental, des sources ont fait état de 26 militaires tués.  

La coalition militaire menée par Riyad en soutien au gouvernement yéménite a indiqué avoir intercepté jeudi soir et vendredi matin un total de trois missiles et quatre drones dans le sud de l’Arabie saoudite.

Selon elle, les Houthis ont en outre visé mardi matin «une infrastructure civile alimentant en électricité la mosquée du Prophète à Médine».

La Mecque et Médine, dans l’ouest de l’Arabie, sont les deux villes les plus sacrées de l’islam. Médine abrite le tombeau du Prophète Mohamed.

Grave escalade et provocation délibérée

Riyad avait déjà accusé en septembre les Houthis d’avoir mené une attaque de drone contre La Mecque, ce qu’ils avaient démenti. Ils ont de nouveau rejeté jeudi toute responsabilité dans d’éventuelles attaques contre ces lieux saints.

Cela n’a pas empêché la coalition militaire de dénoncer un «lâche attentat» qui «s’inscrit dans les tentatives de cette milice extrémiste de cibler les deux mosquées saintes et la provocation délibérée de millions de musulmans en s’en prenant à La Mecque et Médine», selon un communiqué.

Le gouvernement yéménite a dénoncé «une violation flagrante de la souveraineté du Royaume d’Arabie saoudite et du caractère sacré de Médine, ainsi qu’une provocation délibérée à l’égard des musulmans du monde entier».

Le Qatar, la Turquie, le Soudan ou encore la Ligue arabe se sont joints au concert de condamnations.

Le ministère qatari des Affaires étrangères a dénoncé «une grave atteinte au caractère sacré des lieux saints de l’islam, une provocation manifeste des sentiments des musulmans, un mépris inacceptable pour les vies civiles». Pour la Ligue arabe, «cette attaque suscite la colère des musulmans du monde entier et traduit une dangereuse escalade de la part de la milice houthie».

La Turquie, le Pakistan et l’Arabie saoudite sont liés par un pacte de défense mutuelle, signé en août à La Mecque. Jusqu’à présent, Islamabad et Ankara se sont cependant abstenus de s’engager militairement dans le conflit.

Après plusieurs années d’accalmie, le Yémen a replongé en juillet dans la guerre, ouvrant un nouveau front dans le conflit au Moyen-Orient. Les hostilités opposent les Houthis, qui tiennent Sanaa et le littoral yéménite sur la mer Rouge, au gouvernement reconnu par la communauté internationale, qui s’est replié à Aden et exerce son autorité sur une grande partie du sud et de l’est.

Les combattants pro-iraniens ont mené début septembre une offensive meurtrière, s’emparant en quelques jours des régions côtières du détroit stratégique de Bab el-Mandeb, qui contrôle l’accès à la mer Rouge – et, partant, au canal de Suez.

(Synthèse de médias)

Auteur

Nizar Hajbi

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