Une équipe nationale en plein doute et qui démarre mal les éliminatoires de la CAN : Le ver est dans le fruit
Le sélectionneur national a mal pris ses décisions. Que de temps perdu.
La Presse — Cela commence par des regards fuyants, se poursuit par des rumeurs, finit par une affirmation qui conduit à la confirmation. Il ne fallait pas être grand clerc pour deviner que cette histoire de relations entre le nouveau sélectionneur et son milieu s’est détériorée au départ. Il ne s’agit pas de club, de région où d’appartenance. Il est question de justice et le public juge les faits d’après une logique simple et surtout rationnelle. Ce public observe, raisonne et tire les conséquences. Par public nous entendons gens sensés, intelligents et bons observateurs. Ce ne sont ni les produits d’une foule furieuse ni de personnes chauvines et maladives qui s’agitent dans les gradins. Il y a quand même des individus qui raisonnent, analysent et jugent bien les choses. Ce ne sont pas des techniciens, mais ils savent déceler les qualités et les défauts. Ils sont les premiers soutiens pour les véritables techniciens qui se chargent de développer ces qualités. Et lorsque l’on reconnaît qu’un jeune mérite qu’on s’occupe de lui et qu’on lui donne sa chance, les chambres noires n’ont pas à changer l’ordre des choses. Le talent s’impose par la pureté du geste, la synchronisation du mouvement. Passer outre équivaut à tordre le cou à la vérité et se mettre à dos ceux qui ne pardonnent pas ces légèretés, pour ne pas dire injustices.
D’après des confidences concordantes, la tension a atteint son paroxysme lors d’une violente altercation verbale entre l’entraîneur Mouine Chaâbani et l’attaquant Elias Achouri. L’incident s’est soldé par l’exclusion de ce dernier du stage, provoquant une vague de contestations et de rébellion parmi les autres joueurs à l’encontre des méthodes du staff technique. La situation a pris une ampleur supplémentaire avec l’intervention de la star de Burnley, Hannibal Mejbri (absent pour blessure) : ce dernier a tenu à soutenir pleinement Achouri, exprimant sa vive désapprobation face au traitement infligé à son coéquipier au sein du groupe.
Climat délétère
Ce climat délétère a contraint la Fédération tunisienne à annuler officiellement le match amical prévu contre le Mali et à mettre un terme définitif au stage. Une décision qui témoigne de l’ampleur du chaos et de la perte de contrôle sur le vestiaire. Il est inutile de revenir sur la question, mais on dirait que Mouine Chaâbani a tout fait pour se mettre à dos toute une frange de la population sportive. Inutilement.
Il aurait dû comprendre que pour reconstruire cette équipe, on devrait éviter les confrontations qui n’aident en rien la mise en place d’une véritable ambiance de travail. Choisir par exemple de vieux chevaux de retour, c’est se condamner à les ménager en dépit de leurs antécédents, alors qu’un homme décidé à imposer une règle de conduite rigoureuse n’aurait retenu que deux ou trois joueurs qui se sont imposés par leurs qualités et par leur attachement aux couleurs. Ils n’ont pas été imposés par leurs agents. Contrairement à ce que le système en place veut nous faire croire, il y a, au sein de notre compétition, des éléments sur lesquels nous pourrions compter. Leur fougue et leur volonté, leur application et leur générosité pourraient compenser une éventuelle différence, c’est toujours plus et mieux que la suffisance et l’arrogance.
Le football tunisien n’a pas besoin de figurants plus motivés par l’amélioration de leur CV que par la situation de l’équipe de Tunisie.
De toutes les manières, ceux qui ont fait office de fossoyeurs ne pourront jamais s’essayer à ressusciter un cadavre. Le plus grave dans cette histoire c’est que l’on a l’impression de perdre un temps précieux.



