Agrumes : Malgré un recul de la récolte, la qualité demeure
Béchir Aounallah, Président de la section de l’Union Tunisienne de l’Agriculture et de la Pêche (UTAP) à Beni Khiar dans le gouvernorat de Nabeul, a souligné, ce mercredi 7 octobre 2026, que la saison des agrumes a démarré progressivement avec l’approvisionnement des marchés en variétés précoces, tout en signalant l’arrivée progressive de nouvelles espèces sur les marchés tunisiens.
Intervenant à la radio, le responsable a précisé que de nombreuses variétés sont actuellement disponibles. Malgré cette diversité, il a mis en garde contre une baisse considérable de la production cette année, l’imputant à plusieurs facteurs, notamment les difficultés d’irrigation, les incendies, la hausse des températures, ainsi que les coupures d’électricité et d’autres problèmes qui frappent les vergers d’agrumes. Il a indiqué que l’évaluation des dégâts se poursuit pour son troisième jour, les constats sur le terrain confirmant visuellement une chute importante de la production agrumicole.
Le Président de l’Union locale de l’agriculture de Beni Khiar a rappelé que la saison dernière, la production a atteint 270 000 tonnes au niveau du gouvernorat de Nabeul et environ 350 000 tonnes à l’échelle nationale. Il a estimé que ces chiffres restent loin des sommets atteints par le passé par la Tunisie, où la production oscillait entre 450 000 et 650 000 tonnes.
Béchir Aounallah a insisté sur la nécessité pour toutes les parties prenantes du secteur d’unir leurs efforts afin de sauver les vergers d’agrumes, de préserver la production et de garantir la pérennité de la filière.
Concernant l’impact de cette baisse de production sur la qualité et les prix, il a affirmé que la qualité est excellente pour cette saison. Une diminution des volumes sur certains arbres ne signifie pas nécessairement une dégradation de la qualité, les quantités restantes se distinguant par une grande finesse.
Quant aux prix, Aounallah a indiqué que les agrumes demeurent globalement l’un des fruits les moins chers en Tunisie par rapport à d’autres produits tels que les dattes, les pommes ou les poires. Il a précisé que les tarifs peuvent grimper en début de saison, en particulier pour les variétés précoces, avant de baisser à l’approche du pic de production, qui s’amorce généralement vers la fin du mois d’octobre.
Il a ajouté que la saison des agrumes s’étale désormais sur huit mois, alors qu’elle se limitait auparavant à cinq ou six mois, en raison de la diversification des variétés et de l’étalement des périodes de production. On dénombre ainsi plus de 85 variétés d’oranges commercialisées, aux côtés de multiples types de clémentines et de maltaises. Il a rappelé que la fixation des prix ne dépend pas uniquement de la variété, mais aussi des volumes offerts sur le marché.
Le responsable de la section de l’UTAP à Beni Khiar a également estimé le coût de production d’un kilogramme d’oranges à 1,260 dinar, incluant la taille, la fertilisation, les traitements phytosanitaires, l’irrigation, la main-d’œuvre et les divers travaux d’entretien. Il a expliqué que le gouffre entre ce coût de prix de revient et le prix payé par le consommateur s’explique principalement par les dysfonctionnements des circuits de distribution et la prolifération des intermédiaires.
La multiplication des intermédiaires et des maillons de distribution constitue, selon lui, l’un des fléaux majeurs du secteur, pénalisant lourdement à la fois le consommateur et l’agriculteur.
Pour conclure son intervention, Béchir Aounallah a abordé la problématique de l’eau, déplorant que les zones de production d’agrumes subissent des coupures d’eau du Nord depuis environ une semaine. Il a rappelé qu’une interruption de l’approvisionnement en eau en pleine saison de production se répercute directement sur les agriculteurs et les cultures, les producteurs d’agrumes ayant un besoin vital d’irrigation durant les phases sensibles de la saison, tout en appelant à débloquer les fonds nécessaires pour réparer les réseaux hydrauliques et renouveler les canaux.



