Economie

Tourisme : jusqu’à 177 hôtels fermés contre 15 à 17 nouveaux projets

  • 8 octobre 2026
  • 3 min de lecture
Tourisme : jusqu’à 177 hôtels fermés contre 15 à 17 nouveaux projets

La reprise des flux touristiques remet en lumière une fragilité moins visible du secteur : une partie importante du parc hôtelier tunisien reste hors exploitation, alors même que la demande progresse et que de nouveaux projets voient le jour.

Selon des données citées par l’Agence italienne pour le commerce extérieur (ICE/ITA), entre 164 et 177 établissements hôteliers seraient actuellement fermés en Tunisie, tandis que seulement 15 à 17 nouveaux hôtels sont en cours de construction, représentant plus de 4.000 chambres.

Ce décalage constitue l’un des principaux enseignements à retenir de l’analyse consacrée au marché tunisien par l’agence de presse italienne Agenzia Nova. Le véritable enjeu ne serait donc pas uniquement d’augmenter la capacité d’hébergement, mais aussi de remettre à niveau une partie du parc existant, notamment à travers la rénovation et la modernisation des établissements.

Les besoins concernent plusieurs segments : équipements et installations hôtelières, technologies numériques, mobilier, piscines, espaces de bien-être, mais aussi solutions liées à la gestion de l’eau. Un marché qui pourrait notamment intéresser les fournisseurs spécialisés, à l’image des entreprises italiennes.

Cette problématique intervient alors que les indicateurs touristiques restent globalement orientés à la hausse. La Tunisie a accueilli plus de 11 millions de visiteurs en 2025, dépassant les niveaux enregistrés en 2019. Le pays avait alors enregistré 29,1 millions de nuitées, en progression de 7,2 %, tandis que les recettes touristiques avaient atteint 8,1 milliards de dinars, en hausse de 6,5 %.

La dynamique s’est poursuivie en 2026. À fin août, les arrivées avaient atteint environ 7,1 millions, alors que les recettes touristiques des huit premiers mois s’élevaient à 5,52 milliards de dinars, soit une progression de 5 % sur un an.

Mais la progression de la fréquentation ne règle pas automatiquement les difficultés accumulées par l’hôtellerie. Plusieurs établissements restent confrontés au vieillissement de leurs infrastructures, à des difficultés financières ou à la nécessité de moderniser leur offre. La Presse relevait déjà en mai dernier que, derrière la reprise des arrivées et des recettes, le secteur hôtelier demeurait fragilisé par la fermeture de nombreux établissements, le surendettement et l’obsolescence d’une partie du parc.

Dans ce contexte, la rénovation apparaît comme un marché à part entière, parallèlement à la construction de nouvelles unités. C’est précisément sur ce créneau que se positionne la participation de quatre opérateurs tunisiens au salon InOut, consacré à l’hôtellerie et organisé du 14 au 16 octobre à Rimini, en Italie.

Au-delà de cette rencontre professionnelle, la question est désormais de savoir si la reprise du tourisme pourra se traduire par un renouvellement réel du parc hôtelier tunisien, capable d’améliorer la qualité de l’offre, de renforcer sa compétitivité et de répondre aux nouvelles exigences des visiteurs.

M.B

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M. B

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