Culture

JMC – Les Dames du Raï : Valorisation de l’héritage musical des Cheikhates

  • 9 octobre 2026
  • 3 min de lecture
JMC – Les Dames du Raï : Valorisation de l’héritage musical des Cheikhates

Cheikha Hadjla et Fella Japonia, accompagnées de musiciens : Ahmed Bensidhoum (percussion), Sami Bouchareb (clavier), Mahfoud Lazizi (flûte gasba) et Rabah Khalfa (percussion), ont interprété des mélodies connues du répertoire raï mêlant musiques traditionnelles, récits intimes et engagement social dans une ambiance festive.

La Presse — Mardi dernier, le Théâtre de l’Opéra à la Cité de la culture s’est transformé en salle de danse lors du concert «Les Dames du Raï» présenté dans le cadre de la 11e édition des Journées musicales de Carthage. Le public mélomane a accueilli avec enthousiasme ce spectacle musical et documentaire mis en scène par Méziane Azaïche et écrit par Rabah Mezouane. Cette création artistique met en lumière le parcours des Cheikhates, ces chanteuses algériennes qui ont bravé les normes patriarcale et coloniale dès les années 1930 grâce à des textes audacieux. Autrefois confinée aux cabarets et aux soirées privées, cette musique s’est progressivement développée et a conquis les scènes de spectacle après l’indépendance de l’Algérie. Mêlant concert direct, récits historiques et projections d’archives, la représentation célèbre des figures légendaires, telles que Cheikha Rimitti, tout en valorisant leur descendance artistique actuelle. Porté par une troupe d’artistes renommés, cet événement immersif et festif vise à transmettre un pan méconnu du patrimoine musical maghrébin. Dans l’histoire du raï, les Cheikhates ont joué un rôle historique bravant les interdits en chantant des textes subversifs dans un contexte de domination coloniale. Longtemps marginalisées, ces femmes ont façonné, bien avant les Chebs Khaled, Mami et autres, les racines du raï et la mémoire populaire de ce genre musical. Leurs récits et leurs chants ont placé la condition des femmes et l’engagement social au cœur de l’histoire du raï.

Des figures mythiques comme Cheikha Rimitti, Kheira Guendil, Fadela, Zaouhania ou Zohra Bent Oûda incarnent cet héritage musical et oral, ouvrant ainsi la voie aux artistes contemporaines qui perpétuent leur mémoire. Issues de l’univers du Cabaret Sauvage établi à Paris, Cheikha Hadjla et Fella Japonia, accompagnées de musiciens : Ahmed Bensidhoum (percussion), Sami Bouchareb (clavier), Mahfoud Lazizi (flûte gasba) et Rabah Khalfa (percussion), ont interprété des mélodies connues du répertoire raï mêlant musiques traditionnelles, récits intimes et engagement social dans une ambiance festive. «La Camel»,  «Ana Hak», «El Baroud» et d’autres fameux titres ont été célébrés au cours de ce concert auquel les mélomanes se sont identifiés. En même temps que la musique scandée, des vidéos défilaient en arrière-plan narrant l’histoire tourmentée des pionnières du raï, dont la mémoire demeure encore vive à nos jours.

Enfin, cette œuvre musicale s’adresse autant aux passionnés de musiques du monde qu’aux curieux d’histoire sociale désireux de découvrir une forme vibrante de résistance féminine.

Auteur

Neila GHARBI

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