Economie

PME tunisiennes : Abderrazak Houass réclame une révision de la loi sur la Banque centrale et de la politique monétaire

  • 15 octobre 2026
  • 3 min de lecture
PME tunisiennes : Abderrazak Houass réclame une révision de la loi sur la Banque centrale et de la politique monétaire

 

Invité de l’émission Ecomag diffusée sur les ondes d’Express FM ce mardi 13 octobre 2026, le porte-parole officiel de l’Association tunisienne des petites et moyennes entreprises demande aux députés de réexaminer le texte régissant la Banque centrale et son indépendance. Il plaide aussi pour une baisse du taux directeur, que la BCT a maintenu à 7 %.  

L’intervenant, a plaidé, ce mardi 13 octobre 2026, pour un réexamen de la loi sur la Banque centrale et de l’indépendance de l’institution. L’Assemblée des représentants du peuple est directement invitée à se saisir du dossier. Selon lui, la politique monétaire actuellement suivie appelle une révision, afin de mieux répondre à la situation économique du moment et aux besoins des entreprises.

Sur les taux d’intérêt bancaires, il juge nécessaire de les revoir et de les orienter en fonction de la nature des différents secteurs d’activité. L’objectif serait de faciliter l’accès des PME au financement et de les aider à développer leur activité.

Concernant la décision de la Banque centrale de Tunisie de conserver son taux directeur à 7 %, Abderrazak Houass l’a rattachée aux craintes liées à l’inflation et au renchérissement du transport à l’échelle mondiale. Ce dernier facteur pourrait, a-t-il expliqué, provoquer une hausse des prix de vente sur le marché local. Il s’est néanmoins demandé pourquoi l’institution reste attachée à la règle de Taylor, qui ne correspond plus, à ses yeux, aux évolutions économiques en cours. Il a également préconisé de nouvelles approches en matière de politique monétaire et de financement, dont une réduction du taux directeur.

Le coût du crédit constitue l’autre point central de son intervention. Les découverts bancaires sont assortis de taux de 12,29 %, qui peuvent atteindre 14,74 %. Pour les PME, cela représente une charge lourde, d’autant que la marge bénéficiaire de certaines activités ne dépasse pas 8 %, selon son estimation.

Dans ces conditions, a-t-il ajouté, le chef d’entreprise devient, selon ses termes, « un employé de la banque ». Une large part de ses revenus sert en effet à rembourser ses dettes bancaires, au lieu d’être consacrée au développement de son activité et à l’extension de son entreprise. Sa capacité de croissance et d’investissement s’en trouve limitée, a-t-il estimé.

Abderrazak Houass a aussi évoqué le relèvement du taux de la réserve obligatoire, passé de 1 % à 3 %. Il a indiqué que la liquidité bancaire se dirige en premier lieu vers le financement de l’État, puis vers les grands groupes économiques. Les ménages et les PME se partagent, d’après lui, ce qui reste des financements disponibles.

L’effet de cette hausse varie, a-t-il précisé, d’une banque à l’autre, certains crédits étant couverts par des garanties pouvant atteindre 200 % ou 400 %, selon son estimation.

Le président de l’Association tunisienne des petites et moyennes entreprises a conclu en appelant à une révision du système de financement bancaire. Il réclame des conditions mieux adaptées aux PME, de façon à répartir plus équitablement la liquidité, à les aider à surmonter leurs difficultés de financement, à renforcer leur capacité d’investissement et à leur permettre de poursuivre leur activité.

Auteur

S. M.

You cannot copy content of this page