« To the Sun and Beyond »de Aziz Shennawy en compétition au 47e Festival du Caire : Une belle présence tunisienne
Le premier long métrage du réalisateur tunisien Aziz Shennawy, «To the Sun and Beyond» (Au-delà du Soleil), figure parmi les sept films sélectionnés dans la section «Horizons du cinéma arabe» de la 47e édition du Festival international du film du Caire (Ciff), prévue du 11 au 20 novembre en Égypte. Dévoilée dimanche lors d’une conférence de presse au Caire, la programmation fait également place à d’autres talents tunisiens, entre animation, photographie et développement de projets.
La Presse —D’une durée de 80 minutes, ce drame suit Linda, une veuve qui surprotège son fils de sept ans, atteint de xeroderma pigmentosum, une maladie génétique entraînant une sensibilité extrême aux rayons ultraviolets. Face aux contraintes imposées par cette affection, elle comprend progressivement que son rôle de mère consiste aussi à permettre à son enfant de vivre pleinement. « Le film n’est pas sur la maladie elle-même. Il traite de ce qu’une mère traverse lorsque sa vie est bouleversée par le diagnostic de son enfant », explique le réalisateur dans sa note d’intention.
Porté par la société tunisienne Genuine For Films and Entertainment, le film a bénéficié du soutien du fonds saoudien Red Sea Fund, du Centre national du cinéma et de l’image (Cnci) et du ministère des Affaires culturelles. Il réunit notamment Rania Agrebi, Skander Gzara, Najla Ben Abdallah, Halima Daoud, Mohamed Dahech, Mehdi Chetila, Hélène Catzaras, Wafa Taboubi et Nebil Chahed.
Le projet a également été accompagné par les productrices Dorra Bouchoucha et Lina Châabane dans le cadre des ateliers de développement Sud Écritures. Le cinéaste Mohamed Ben Attia a contribué aux retours sur le scénario. La présence tunisienne se prolonge dans la nouvelle section « Cairo Kids », consacrée au jeune public, avec «Sociophobia», court métrage d’animation de Malek Hebiri.

Soutenu par le Doha Film Institute, ce film de 13 minutes raconte l’histoire d’un enfant de sept ans poursuivi par une foule qui se transforme en un monstre géant, avant qu’une menace plus redoutable encore ne surgisse.
Par ailleurs, la directrice de la photographie franco-tunisienne Frida Marzouk siégera au jury de la Semaine internationale de la critique aux côtés de la monteuse égyptienne Heba Othman. Sur le versant professionnel, «Terminus», projet d’Oumaima Trabelsi, a été retenu parmi les films en développement de la 12e édition de Cairo Film Connection, dans le cadre de la plateforme Cairo Industry Days.
Pour Aziz Shennawy, cette sélection vient couronner un parcours amorcé dans le court métrage. Son film «Korrinty» (2021), présenté aux Journées cinématographiques de Carthage en 2022 dans la section Panorama, a remporté plusieurs prix internationaux, dont le Trophée d’argent Haypatia au Festival international du court métrage d’Alexandrie.
Il a ensuite réalisé «Forsaken» (2023) avant de passer au long métrage. Formé dans plusieurs établissements en Tunisie, au Canada et en Belgique, notamment à l’ESAD, à Trebas et à l’Université de Liège, il s’est entouré, pour cette première réalisation, du directeur de la photographie libanais Chris Akoury, du premier assistant-réalisateur Houcem Slouli et du directeur de postproduction Chedi Ouesleti.
Les films de la section «Horizons du cinéma arabe» seront départagés par un jury composé du réalisateur égyptien Amr Salama, de la cinéaste palestinienne Laila Abbas et du directeur de la photographie roumain Tudor Vladimir Panduru. Cette 47e édition coïncide avec le cinquantième anniversaire du Festival international du film du Caire, fondé en 1976.
Quelque 145 films issus de 64 pays sont annoncés au programme. Accrédité en catégorie A par la Fédération internationale des associations de producteurs de films (Fiapf), le festival demeure l’un des grands rendez-vous cinématographiques de la région arabe et africaine.



