ESS -à Béja, l’heure de vérité a sonné : L’Étoile n’a plus droit à l’erreur
Trois matchs sans victoire, un rendement en deçà des attentes et un climat d’incertitude qui ne cesse de s’épaissir: l’Étoile Sportive du Sahel aborde son déplacement à Béja à un moment charnière de sa saison.
La Presse — Le droit à l’erreur se réduit. Dans un championnat où chaque faux pas complique davantage la course aux objectifs, l’ESS ne peut se permettre de prolonger son passage à vide. Mais entre la nécessité de gagner et la capacité de le faire, il reste un fossé que les hommes de Bracconi devront combler sur le terrain. L’urgence est sportive, mais elle est aussi psychologique : il faut retrouver de la confiance, de la cohésion et cette détermination qui faisait autrefois la force de l’Étoile.
En quête de déclic
L’OB ne traverse pas non plus une période idéale. Pour l’ESS, le danger serait de confondre pression du résultat et précipitation. Face à un adversaire qui entend saisir sa chance, la maîtrise des temps forts et des moments délicats sera déterminante. Pour retrouver la victoire face à l’OB, il faut remonter à la saison 2024-2025, lors d’une rencontre disputée à Medjez El Bab. Oussama Abid s’y était illustré avec un doublé. Ce précédent rappelle que le milieu étoilé possède les moyens de faire la différence, à condition de retrouver son inspiration.
Dans un collectif en panne d’efficacité, son réveil pourrait constituer l’une des clés du match.
Bracconi face à ses choix
Au-delà de l’enjeu comptable, cette rencontre constitue un sérieux test pour Bracconi. L’entraîneur est attendu sur sa capacité à corriger les insuffisances observées ces dernières semaines et à aligner une équipe mieux équilibrée et plus agressive dans les duels. Dans les buts, Ben Hassen devrait conserver sa place.
Devant lui, la défense reste un chantier prioritaire. Kechrida et Diarra apparaissent comme des points d’appui, mais les errements collectifs imposent davantage d’attention. Une défense à 4 sans doute avec Ferjani et Dagdoug pour bloquer les Béjaouas. À Béja, la moindre approximation pourrait se payer cash.
Au milieu, Diakhaté a été l’un des rares à maintenir un niveau satisfaisant. Abid, moins inspiré dernièrement, devra retrouver de l’influence, tandis qu’une titularisation d’Abdallah Amri pourrait apporter davantage d’équilibre et de densité. L’objectif est clair : Eviter que l’équipe ne se coupe en deux et assurer une meilleure transition entre récupération et attaque.
Devant, le temps des hésitations doit céder la place aux décisions. La titularisation d’Oscar Wellington, l’exploitation des qualités de Kingsley Eduwo et la relance de Senghor figurent parmi les options à envisager. Anen conserve, lui aussi, des arguments offensifs susceptibles de faire basculer une rencontre. Bracconi devra trouver la bonne association, mais surtout donner à ses attaquants les moyens d’exprimer leur potentiel.
Pour espérer repartir avec un résultat positif, l’Étoile devra gagner les duels, sécuriser son axe défensif et se montrer beaucoup plus tranchante dans la zone de vérité. Les questions liées à la gestion du club et aux litiges financiers, notamment le dossier de Mohamed Amine Ben Amor à qui l’ESS est redevable de 1.57 million de dinars, restent préoccupantes, mais elles ne doivent pas occulter l’impératif immédiat : répondre présent sur le terrain.
À Béja, l’Étoile jouera sous pression, mais cette pression peut aussi devenir un moteur. Une victoire permettrait de stopper l’hémorragie, de desserrer l’étau autour du groupe et de redonner un peu d’oxygène à un club en quête de repères.



