Céréales, huile d’olive, élevage… : Les grands objectifs agricoles du PLF 2027
La Tunisie ambitionne de produire 18,5 millions de quintaux de céréales et 2 millions de tonnes d’huile d’olive en 2027. Ces objectifs figurent dans le projet de budget économique pour 2027, qui prévoit une hausse de 200 000 tonnes de la production d’huile d’olive par rapport aux estimations du Plan de développement 2026-2030.
Cette stratégie vise à renforcer la sécurité alimentaire, considérée comme un pilier de la souveraineté nationale. Le programme prévoit plusieurs mesures pour améliorer la productivité, la compétitivité et la résilience des principales filières agricoles.
Céréales et fourrages : renforcer les stocks stratégiques
Pour les céréales et les fourrages, les mesures prévues en 2027 portent sur la constitution de stocks stratégiques d’engrais chimiques et la sécurisation de leur approvisionnement. L’objectif est de couvrir les besoins du secteur et de réduire les coûts de production.
Le programme prévoit également d’accroître les capacités de stockage, d’améliorer les mécanismes de financement et de renforcer le recours au transport ferroviaire pour la collecte et l’évacuation des récoltes.
D’autres mesures concernent la modernisation et la numérisation des infrastructures logistiques, ainsi que la mise à jour des cartes bioclimatiques et agricoles.
Les autorités entendent aussi améliorer la couverture des besoins nationaux en blé dur, développer les cultures céréalières irriguées et optimiser la gestion de l’eau d’irrigation. La valorisation des résultats de la recherche scientifique et la constitution de réserves stratégiques de fourrages figurent également parmi les priorités.
Huile d’olive : Un stockage porté à 120 000 tonnes
La filière oléicole constitue un autre axe majeur du programme. Les mesures visent à améliorer la qualité de l’huile d’olive tunisienne, à renforcer sa compétitivité et à protéger les oliveraies contre les ravageurs.
La capacité de stockage de l’Office national de l’huile (ONH) devrait passer de 91 000 à 120 000 tonnes. La modernisation de son laboratoire est également prévue.
Le programme prévoit la mise en place de lignes de financement à taux préférentiels pour soutenir les crédits saisonniers. Les petits agriculteurs seront prioritaires pour l’acquisition de matériel destiné à la récolte mécanisée.
Les autorités comptent par ailleurs intensifier les campagnes nationales de lutte contre les ravageurs et développer des variétés d’oliviers mieux adaptées à la sécheresse. Un programme spécifique de rajeunissement des oliveraies sera mis en œuvre à partir de variétés locales.
Une campagne de sensibilisation aux bienfaits de l’huile d’olive est également prévue afin d’encourager sa consommation sur le marché intérieur.
Élevage : 93 millions de dinars pour reconstituer le cheptel
Le projet prévoit un programme de quatre ans pour reconstituer le cheptel national de bovins et de petits ruminants. Son coût est estimé à 93 millions de dinars.
L’objectif est d’introduire environ 22 500 génisses de race améliorée et de porter à 80 % le taux de couverture des bovins par l’insémination artificielle d’ici 2030.
Entre 2027 et 2030, une enveloppe annuelle de 10 millions de dinars sera mobilisée à travers le Fonds de développement de la compétitivité. La moitié sera consacrée au soutien à l’achat de génisses et l’autre moitié à l’élevage de génisses de race améliorée, au profit des petits éleveurs.
En prévision de l’Aïd Al Adha, les autorités prévoient également d’intégrer 30 000 moutons supplémentaires dans les circuits de vente organisés. Cette mesure vise à mieux équilibrer les coûts de production et les prix de vente.
L’Office des terres domaniales prévoit d’engraisser environ 8 000 moutons et d’importer chaque année 1 000 brebis de race améliorée. L’Office de l’élevage et des pâturages devrait, de son côté, commencer à importer environ 2 000 brebis.
Œufs et volailles : constituer des réserves pour stabiliser le marché
Pour la filière des œufs, le programme prévoit la constitution d’un stock de 10 millions d’œufs de consommation. Cette réserve doit permettre d’absorber les excédents de production et de répondre à la demande pendant les périodes de forte consommation.
Les autorités envisagent également de mieux réguler la production, notamment par la programmation de l’abattage et la fixation de quotas.
Pour stabiliser le marché de la volaille, le projet prévoit le stockage de 1 000 tonnes de viande de poulet. L’accélération du projet d’élevage de reproducteurs grands-parents figure également parmi les mesures annoncées.
Pêche et aquaculture : 143 000 tonnes de production attendues
Dans le secteur de la pêche maritime, les mesures prévues pour 2027 visent à concilier l’exploitation économique des ressources et leur préservation.
Le programme prévoit le recours à des drones et à des unités de surveillance maritime plus modernes. L’immersion de récifs artificiels sera également poursuivie pour lutter contre la pêche illégale.
Les autorités comptent évaluer le dispositif de repos biologique et mobiliser les ressources du fonds qui lui est consacré afin de préserver durablement les ressources marines.
Pour l’aquaculture, les priorités portent sur la modernisation du cadre juridique, l’encouragement à la création d’écloseries et d’unités de production d’aliments pour poissons, ainsi que le développement des outils numériques.
Le plan prévoit également l’actualisation du schéma directeur des ports de pêche et un programme de modernisation de ces infrastructures. Le renforcement de la formation professionnelle est prévu dans le cadre du programme tunisien d’économie bleue « Bleu Tunisie ».
Selon le projet de budget économique, la production issue de la pêche maritime et de l’aquaculture devrait atteindre 143 000 tonnes en 2027, conformément aux estimations du Plan de développement 2026-2030.



