Cancer du sein en Tunisie : moins de 1 % ont recours à la reconstruction mammaire
La reconstruction mammaire après une mastectomie reste très peu pratiquée en Tunisie. Le taux de recours à cette intervention ne dépasserait pas 1 %, selon le chirurgien plasticien et reconstructeur Radhi Ben Naceur, qui appelle à renforcer la sensibilisation des femmes aux possibilités offertes après une ablation du sein.
À l’occasion de l’Octobre rose, la Présidente de la Société Tunisienne de CHirurgie Oncologique (STCO), la Dre Monia Hechiche Almi, et le Dr Radhi Ben Naceur ont souligné, mardi 20 octobre 2026, l’importance de mieux faire connaître les possibilités de reconstruction mammaire après une ablation du sein liée à un cancer.
Intervenant à la radio, les deux médecins ont rappelé que cette étape constitue une composante importante du parcours de rétablissement des patientes, au même titre que le dépistage et le traitement de la maladie.
Selon les intervenants, la sensibilisation au cancer du sein a considérablement progressé en Tunisie grâce aux efforts du ministère de la Santé, des associations et de la communauté scientifique. Toutefois, la reconstruction mammaire reste insuffisamment connue, de nombreuses femmes ne disposant pas d’informations suffisantes sur les techniques disponibles et les possibilités de prise en charge.
Les deux spécialistes ont ainsi encouragé les femmes devant subir une mastectomie à discuter de la possibilité d’une reconstruction avec leur équipe médicale, sans crainte ni gêne. Ils ont toutefois précisé que cette intervention n’est pas systématique et que la décision doit tenir compte de l’état de santé de chaque patiente et de ses préférences personnelles.
Le Dr Radhi Ben Naceur a également indiqué qu’il existe plusieurs techniques de reconstruction mammaire, dont le choix dépend de la situation médicale et du type d’intervention chirurgicale envisagé. Une évaluation médicale permet de déterminer la méthode la plus adaptée et de présenter les différentes options à la patiente.
De son côté, la Dre Monia Hechiche a fait état d’environ 4 400 mastectomies par an en Tunisie. Elle a également souligné que les proportions entre les ablations totales et les interventions chirurgicales partielles ont évolué avec les progrès des protocoles thérapeutiques.
Malgré ces évolutions, le recours à la reconstruction mammaire demeure particulièrement faible dans le pays. Selon le Dr Ben Naceur, il ne dépasserait pas 1 %, même si les données nationales précises sur cette pratique font défaut.
Plusieurs facteurs expliqueraient cette faible proportion, notamment le manque d’information, les craintes liées à l’intervention chirurgicale et son coût. Si la reconstruction mammaire représente une dépense importante dans le secteur privé, elle est, en revanche, gratuite à l’Institut Salah-Azaïz d’oncologie, a précisé le spécialiste.
Les deux médecins appellent ainsi à intensifier les campagnes de sensibilisation afin de mieux informer les patientes sur les techniques existantes, les conditions de prise en charge et les possibilités de reconstruction après une mastectomie.



