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Crise économique et activités à l’arrêt: Le secteur financier et bancaire à la rescousse

  • 1 mai 04:42
  • 5 min de lecture
Crise économique et activités à l’arrêt: Le secteur financier et bancaire  à la rescousse

Des solutions immédiates s’imposent pour donner une bouffée d’oxygène aux activités asphyxiées par la crise sanitaire. Cela passera certainement par le secteur financier et bancaire qui devra jouer le rôle de sauveur de l’économie nationale dans cette période de crise inédite.
Si le monde entier traverse une crise sanitaire inédite aux répercussions économiques et financières désastreuses, la Tunisie semble être doublement sanctionnée au vu de la fragilité de sa conjoncture économique même avant le début de la pandémie. En effet, le pays faisait, d’ores et déjà, face à d’innombrables problèmes économiques, financiers et budgétaires de taille. Son économie à l’arrêt, elle enregistre quotidiennement des pertes par millions de dollars. La sortie du confinement, même si elle s’annonce progressive et limitée, pourrait améliorer la donne. Mais entretemps, des solutions immédiates s’imposent pour donner une bouffée d’oxygène à certains secteurs asphyxiés par cette situation. Cela passera certainement par le secteur financier et bancaire qui devra jouer le rôle de sauveur de l’économie nationale dans cette période de crise jamais vécue.

Le Chef du gouvernement, Elyes Fakhfakh, a multiplié durant les deux dernières semaines les réunions avec les représentants du secteur financier et bancaire dont notamment le gouverneur de la Banque centrale, Marouane Abassi. Il s’était également entretenu avec des dirigeants de banques tunisiennes et le président de l’Association professionnelle tunisienne des banques et institutions financières, Habib Belhaj Gouider, pour souligner l’importance de la contribution de ce secteur à l’effort national pour faire face aux difficultés économiques causées par l’épidémie de coronavirus, et en particulier du confinement total. Fakhfakh a appelé dans ce sens la Banque centrale et les dirigeants des banques à entreprendre un effort supplémentaire pour réduire le coût de la dette, que ce soit pour les clients particuliers que pour les entreprises, à accélérer la prise en compte des demandes de prêt et de rééchelonner les dettes pour accompagner notamment les entreprises dans cette situation difficile et enfin à promouvoir et à soutenir les investissements productifs au détriment des investissements à court terme.

Outre ces responsables, Elyes Fakhfakh a aussi reçu le président de la Fédération tunisienne des sociétés d’assurances, Habib Ben Hassine, ainsi que  Slaheddine Zahaf, président de l’Ordre des experts- comptables tunisiens. A l’ordre du jour, l’impératif de contribuer à l’effort national pour faire face aux répercussions de la crise du Covid-19 et  la reprise de la croissance économique dans la phase de l’après-crise.

Ces différents responsables ont exprimé leur disposition à répondre aux exigences économiques de la situation et aux impacts du confinement et des autres mesures de prévention contre le Covid-19, telles que la régression économique et les difficultés financières qui peuvent être enregistrées au niveau des entreprises et des ménages. D’ailleurs, le gouverneur de la Banque centrale de Tunisie a souligné, à maintes reprises, les mesures prises jusque-là pour appuyer les personnes et les structures qui ont des problèmes de liquidités ou de remboursement des crédits, outre le rapprochement des services bancaires et la garantie des liquidités aux clients sans appliquer des frais complémentaires.

Allégement des charges d’intérêts et soutien financier

Il faut rappeler dans ce contexte que la Banque centrale avait rapidement réagi à cette crise économique marquée notamment par des ralentissements économiques considérables en décidant de baisser son taux directeur de 1%, ce qui a pour conséquence l’allégement des pressions et charges d’intérêts sur les entreprises. Il a été décidé également de reporter les échéances bancaires pour tous les particuliers quel que soit leur revenu.

Pour leur part, les banques tunisiennes avaient décidé de revoir à la hausse leur contribution financière au profit du fonds de lutte contre le coronavirus. Estimée initialement à seulement 15 millions de dinars, l’Association professionnelle tunisienne des banques et des établissements financiers (Aptbef) avait annoncé que la contribution du secteur avait été portée à 112 millions de dinars et ce grâce à une action concertée des principales banques de la place sur une initiative de l’Association.

Toujours selon l’Aptbef, le secteur contribue également à l’implémentation des mesures d’accompagnement décidées par le gouvernement en matière de soutien aux entreprises et aux  particuliers à revenus faibles. Le secteur bancaire assure également son soutien aussi bien en matière de fabrication de médicaments que d’achat de biens destinés notamment au ministère de la Santé.

Au cours de sa rencontre, le 19 mars, avec des responsables du secteur bancaire et financier, le président de la République, Kaïs Saïed, avait appelé le secteur bancaire à soutenir les efforts de l’Etat dans la lutte contre le coronavirus. Il avait souligné dans ce sens la nécessité d’identifier des solutions visant à soutenir les chefs d’entreprise.

Dans le même contexte, il est utile de rappeler que le système financier tunisien comprend la Banque centrale de Tunisie, 23 banques résidentes, 7 banques off-shore, 13 établissements financiers dont 2 banques d’affaires, 8 établissements de leasing, 2 sociétés de factoring. Le paysage financier comprend, également, l’Office national de la poste, le Conseil du marché financier, la Bourse des valeurs mobilières de Tunis, Tunisie Clearing, les sociétés d’investissement et les organismes de placement collectif en valeurs mobilières.

Auteur

Khalil JELASSI

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