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A la une Société

Réintégration des enfants dans le système éducatif : Des mesures pédagogiques et concrètes

  • 6 avril 20:02
  • 9 min de lecture
Réintégration des enfants dans le système éducatif : Des mesures pédagogiques et concrètes

La Presse — Selon le site officiel du gouvernorat de Sfax, des mesures concrètes s’inscrivant dans le cadre du renforcement des efforts visant à protéger les enfants et à garantir leur droit à une vie digne, à l’abri de toute forme d’exploitation ou d’exclusion sociale ont été prises.

L’initiative se propose notamment de :

– Mener des opérations de terrain pour identifier les enfants mendiants.

– Orienter les cas urgents vers les programmes de soutien et de protection.

– Apporter un soutien aux familles vulnérables afin de réduire le nombre d’enfants dans la rue.

Œuvrer à la réintégration des enfants dans le système éducatif.

Si la capitale du Sud s’est émue de ce phénomène que constitue la mendicité, surtout au niveau des enfants, c’est qu’il y a réellement problème. Les décisions prises ressortent de ce fait de conclusions dont on a retenu l’aspect pédagogique et non pas seulement coercitif. D’ailleurs comment punir des enfants qui font la manche, poussés par leurs parents, en toute innocence ?

Mais il nous semble que pour traiter ce problème de la mendicité, il faudrait le remettre dans sa réalité. Tout d’abord, ce n’est pas un problème qui touche seulement notre pays.

Voici quelques exemples de ce que représente ce phénomène dans un certain nombre de pays développés.

« La mendicité en France est un phénomène social complexe, symptôme d’une grande précarité et d’une pauvreté croissante, servant de revenus d’appoint pour de nombreux sans-abri et personnes en situation de détresse.

La mendicité en Angleterre est un problème social majeur et croissant, exacerbé par une pauvreté record (14 millions de personnes, soit 21% de la population en 2023). Face à l’augmentation des inégalités, la mendicité, longtemps réprimée, est passible de sanctions pénales, bien que le débat sur les sans-abris persiste.

La mendicité est un phénomène visible dans les grandes villes allemandes, témoignant d’une précarité croissante malgré la prospérité économique du pays. Avec un taux de pauvreté record (16,6% en 2021), elle sert de revenus d’appoint pour les personnes sans-abri, les retraités précaires et les travailleurs pauvres.

La mendicité, bien que décriminalisée en Belgique depuis 1993, reste un enjeu de société majeur et une stratégie de survie face à la précarité (16,5% de la population à risque). Plus de la moitié des communes belges (305 sur 581) réglementent cette pratique, souvent pour la restreindre, soulevant des débats sur les droits humains.

Si nous ajoutons pour ce qui nous concerne que la majorité de ces mendiants penche progressivement vers ceux qui sont installés illégalement dans les pays, subsahariens, syriens, etc… nous pourrions commencer à réfléchir et raisonner en ayant en main un certain nombre de facteurs incontournables.

Bien entendu, il y aura des actions à mener contre ces mendiants professionnels qui saisissent toutes les occasions pour se positionner, tenant dans leurs bras des bébés complètement dans les pommes et qui demeurent dans la rue une journée durant.

Les personnes, dont la mendicité est une profession, viennent pour changer les pièces en billets en fin de… séances, il y a ceux qui louent des bébés auxquels on ingurgite des potions pour les endormir. C’est donc grave et inhumain, étant donné que ce n’est ni plus ni moins qu’une exploitation sous forme de traite d’êtres humains. 

Le fait d’avoir siégé, réfléchi et pris des décisions est louable. Surtout que dans cette région du sud, il y a beaucoup d’étrangers en situation irrégulière, qui viennent enrichir cette gent et, par voie de conséquence, assombrissent la situation.

Pour les millions de touristes qui visitent le pays, il n’y a pas de différence

Tout ce qui est éducation et enseignement, partant d’une approche pédagogique pour convaincre et encadrer positivement tout en ayant des finalités éducatives, est bienvenu. Le fait même de penser que les décisions à prendre se doivent de répondre à des critères bien déterminés revêt une volonté de recherche qui sous-entend un désir de réussite.

Mobilisation de toute la famille

La mendicité, c’est donc, en plus de l’implication sociale, une « activité » chronique qui prend une certaine ampleur à l’occasion des fêtes religieuses surtout. Pour ceux qui n’ont rien à faire, c’est la mobilisation des membres de toute la famille pour profiter de la « Zaket », ces sommes fixées par les autorités religieuses qui interviennent à la fin de Ramadan. Et il y a foule, surtout du côté des mosquées. Hommes et femmes se bousculent, alors que des gamins dont l’âge ne dépasse pas les deux, trois ans, parfois plus, font la manche.

Si pour les plus âgés d’entre eux, cette demande d’aumône pourrait être compréhensible, pour ces bambins, elle est inacceptable. La fin du mois de Ramadan s’est déroulée par un temps menaçant.

Il faisait froid, la pluie assez insistante a sans aucun doute laissé des traces sur ces petits sans défense et qui se trouvaient là par la volonté de leurs parents. Combien ont-ils attrapé une bronchite, une grippe, un rhume au moins ?

Le problème de la mendicité n’est pas seulement une question d’éthique. C’est surtout le souci de « protéger les enfants et de garantir leur droit à une vie digne, à l’abri de toute forme d’exploitation ou d’exclusion sociale ». Une exploitation honteuse qui les marquera à vie.

C’est là que les choses deviennent intéressantes. Il nous semble que c’est la première fois que l’on voit ce phénomène sous cet angle. Les pauvres bougres qui font la manche, par paresse ou par habitude et facilité, sont–ils, dans ce cas, perdus ?

Carences affectives graves

De toutes les manières, ils sont pleinement responsables de leur choix. La société en s’engageant à sauver les enfants est méritoire. « La mendicité infantile expose les enfants à des dangers extrêmes, incluant la violence physique ou sexuelle, la malnutrition, et l’exploitation. Plus de 70% d’entre eux vivent dans des conditions difficiles, sans éducation, bon nombre d’entre eux ont quitté les bancs de l’école et n’ont de ce fait comme avenir que la rue et ses dangers.

Ils souffrent de carences affectives graves. Ce fléau compromet durablement leur développement physique, mental et social », nous confie un sociologue consulté et qui a effectué nombre de missions dans le cadre de l’enfance et ses conclusions sont sans appel.

« Un enfant qui lance, sans raison logique, une pierre pour briser les vitres d’un bus ou d’un train, s’explique par la solitude et l’abandon dans lequel il vit. Bien entendu, ce n’est point une excuse, mais la société se doit quand même de lui tendre la main ».

Il ne s’agit nullement d’organiser des rondes pour les ramasser. C’est faisable, mais nous sommes dans un pays civilisé où la déchéance de l’un d’entre nous est la responsabilité de tous.

Les décisions qui ont été prises pour essayer de reprendre en main la situation sont donc le début de la sagesse. Il ne s’agit pas de sanctionner pour la sanction, cela ne servirait à rien, mais bien de convaincre et de ramener vers le groupe ceux qui se sont égarés.

Conséquences multiples et multiformes

Reste le cas des adultes. « Les conséquences de la mendicité dans la société sont multiples et multiformes. La délinquance, le vol, le vagabondage, l’escroquerie, l’abus de confiance, la prostitution, la toxicomanie, etc. guettent, tout aussi bien que la propagation des maladies contagieuses (choléra, tuberculose), sont des issues qui pèsent par leurs effets sur une société.

Nous finirons par la mendicité professionnelle, organisée ou choisie comme mode de subsistance. Elle a pour conséquences des effets néfastes et expose ces individus qui se sont habitués à mendier à une stigmatisation sociale au point de perdre leur dignité. Dans ce cas, les risques sécuritaires deviennent l’antichambre pour la délinquance organisée.

De véritables bandes se forment sous les ordres d’un chef qui exploite tous ces désœuvrés, tout en agissant sur l’ordre public, ils deviennent de véritables menaces pour la société. Il faudrait se souvenir de ces personnes de tout âge, que l’on mobilise pour un mauvais coup ou une manifestation moyennant un billet de banque.

Et c’est là l’aspect intéressant des dispositions prises, qui prônent l’orientation vers des programmes de protection et de soutien à ces enfants et à leurs familles, dans l’espoir de réduire le vagabondage de tout ce monde pour lequel l’horizon est complètement bouché.

Une loi ?

Nombre de personnes approchées sont pour une loi assez rigoureuse pour faire réfléchir ceux et celles qui ont choisi ce chemin. En fait, nous possédons une loi qui punit l’exploitation, mais ne criminalise pas la mendicité.

Avec environ 4.000 mendiants dans le Grand-Tunis, dont de nombreux enfants déscolarisés, la mendicité est devenue d’une part un refuge pour tous ceux qui ont échoué sur nos côtes ou traversé sans encombre le désert et, d’autre part, une menace.

A titre d’information, « en 2008 une loi restaurant l’interdiction de mendier est entrée en vigueur à Genève, faisant de ce canton le premier en Suisse francophone à avoir adopté une loi en la matière et lançant un débat contemporain sur cette question. Cette loi est considérée par les uns comme une mesure nécessaire, d’autres qualifient cette loi de « punition de la misère ». Dix ans plus tard, la loi n’a pas fait disparaître la mendicité, mais elle a eu un effet de précarisation des personnes qui mendient.

Il résulte de ce fait, qu’il y a des lois qui ne résolvent rien. Mais bien au contraire compliquent les situations. C’est la raison pour laquelle l’option prise à Sfax nous semble la plus opérationnelle, parce que pédagogique et humaniste.

Auteur

Kamel GHATTAS

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