Tempête « HARRY » au Cap bon : La corniche de Nabeul-Plage fracassée
Entre blocs de roches éparpillés sur le trottoir et détritus rejetés par une mer furieuse et houleuse, sans oublier la disparition totale de la plage et de ses bancs de sable, cette promenade en bord de mer, offrant une échappée belle face à l’agitation urbaine de la Cité des Potiers, s’est transformée en un champ de désolation, pour ne pas dire un paysage apocalyptique.
La Presse — Le mercredi 21 janvier 2026, les habitués de la corniche de Nabeul-Plage ont été surpris par les effets dévastateurs du vent et des vagues sur leur coin de prédilection suite au passage de la tempête « Harry » dans nos contrées.
Entre blocs de roches éparpillés sur le trottoir et détritus rejetés par une mer furieuse et houleuse, sans oublier la disparition totale de la plage et de ses bancs de sable, cette promenade en bord de mer, offrant une échappée belle face à l’agitation urbaine de la Cité des Potiers, s’est transformée en un champ de désolation, pour ne pas dire un paysage apocalyptique.
« Une fois de plus, la nature nous montre ô combien nous sommes faibles devant la puissance de Dieu », déclare Mohamed Ali, l’un des badauds présents sur les lieux avec son smartphone, en train de diffuser un « live » sur les réseaux socionumériques. « Dieu est grand ! Et j’ai l’intime conviction que l’élan de solidarité des inondations de septembre 2018 sera au rendez-vous pour nettoyer et reconstruire notre belle corniche », ajoute-t-il.
Unique échappatoire pour les personnes démunies et les travailleurs à faible revenu, voire la classe moyenne du chef-lieu du gouvernorat de Nabeul, la corniche dévastée a provoqué un état d’affliction profonde et d’émoi au sein de la population locale.
Devant un tel constat, la municipalité et ses agents ont investi les lieux dans la matinée, avant-hier, avec les moyens du bord (mini-pelles, grue, pelleteuse, pelles, balais, etc.).
« Je tiens à remercier tous les agents de la municipalité de Nabeul et les bénévoles qui sont en train d’intervenir sur la corniche de Nabeul-Plage pour déblayer le trottoir et nettoyer les lieux », fait savoir Fayez Riahi, l’un des représentants de la délégation de Nabeul dans le Conseil régional. « J’appelle aussi tous les entrepreneurs et les hommes d’affaires (du secteur BTP, promoteurs immobiliers, etc.) de la ville de Nabeul à prêter main-forte aux agents de la commune de Nabeul et à soutenir leurs efforts avec leurs engins (bulldozers, chariots élévateurs, chargeuses, etc.) et véhicules de chantier (camions et pick-ups) pour pallier le manque de moyens opérationnels », renchérit-il.
Il est à signaler que plusieurs influenceurs locaux ont appelé leurs communautés sur les réseaux sociaux à venir en masse dimanche prochain pour une opération de grand nettoyage de la Corniche de Nabeul-Plage.
Il faut dire que tout le littoral des principales villes du Cap Bon — de Hammamet à Kélibia — ont subi la loi d’une nature déchaînée, fracassant au passage des murs de soutènement, des buvettes et des cabanes érigées sur le littoral, des structures légères appartenant à des unités hôtelières, des terrasses de restaurants pieds dans l’eau, etc. Même le site archéologique de Néapolis ainsi que la colline du marabout Sidi Mahersi n’ont pas été épargnés par l’érosion marine et les coups de boutoir assénés par les vagues et les vents violents.
La force destructrice de la nature est souvent perçue comme une puissance implacable, inapaisable et indomptable, rappelant notre petitesse et la fragilité de l’humanité ainsi que ses différentes civilisations face aux catastrophes naturelles, mais aussi la capacité de l’homme à détruire, voire annihiler, son propre environnement par son égoïsme, sa cupidité et ses actions, soulignant un paradoxe où l’être humain, issu de la planète bleue, devient sa propre menace.
Assurément le philosophe allemand Friedrich Wilhelm Nietzsche n’avait pas tort en disant : « Ce qui détruit les illusions, les siennes et celles des autres, la nature le punit avec toute la rigueur d’un tyran. »