Tout en rappelant que le secteur des énergies renouvelables est l’un des secteurs stratégiques les plus prometteurs en Tunisie, Yahya Kchaou, membre du Groupement Professionnel des Énergies Renouvelables au sein de la CONECT, a indiqué que l’Etat ne lésine aucun effort pour que ce secteur prospère, notamment pour atteindre l’objectif stratégique de la Tunisie 2030 où l’on aspire à ce que 35% des énergies tunisiennes soient renouvelables. Dans ce cadre et en guise des encouragements effectués sur les marchés tunisiens pour faire du secteur privé un secteur partenaire qui participe dans la mise en place des politiques de l’Etat qui parient sur l’élévation du rythme de l’investissement et sur l’essor des énergies renouvelables, une séance de travail a été organisée avec Wael Chouchen, secrétaire d’Etat chargé des Energies et qui s’est tenue le 17 mars courant.
Invité ce matin du lundi 23 mars 2026 sur les ondes de la Radio Nationale, Yahya Kchaou a indiqué que lors de cette rencontre, « nous avons abordé toutes les problématiques qui risquent d’entraver la mise en place de cette politique tout comme nous avons mis en exergue les efforts déployés par l’Etat en termes d’énergies renouvelables et qui servent à bon escient le citoyen et le pays tout entier. Nous avons également mis l’accent sur l’importance du rôle que peut jouer le Tunisien dans cette ce sens aussi bien en tant que consommateur d’énergie qu’en tant que responsable où investisseur potentiel dans le secteur des énergies renouvelables. Il a été convenu qu’il fallait faciliter davantage l’accès à ce secteur ».
Fort potentiel
Pour ce qui est de l’objectif de l’Etat qui aspire à ce que 35% des énergies soient renouvelables d’ici l’an 2030, l’intervenant a indiqué que « même si à présent, nous sommes encore loin de cet objectif (entre 5 et 6%), la Tunisie avance à grands pas dans ce secteur ». Il a ajouté que cet objectif inclue certes les énergies renouvelables en tant que telles, mais aussi il concerne aussi la préparation de toute une assise à même de faciliter l’expansion et les investissements dans ce secteur, notamment le fait de travailler sur la conscience du citoyen quant à l’importance de ce secteur qui ne se présente plus comme une option mais comme une nécessité. Il s’agit aussi de travailler sur les réseaux de liaison avec la Société tunisienne de l’électricité et du gaz (STEG).
« Il faut savoir qu’en réalité, nous sommes capables, d’ici 2030, d’avoir 50% d’énergies propres comme l’énergie solaire et éolienne. Dois-je d’abord dire que l’Etat a pris plusieurs initiatives à ce sujet. Initiatives que nous valorisons, d’ailleurs l’existence de l’Agence Nationale de la Maîtrise des Energies (ANME) est un grand acquis pour la Tunisie dans la mesure où cette agence pousse à l’investissement dans le secteur des énergies renouvelables, accorde des dons, protège le secteur des intrus, etc. Cependant, il existe toujours quelques lacunes notamment en ce qui concernes les questions procédurales administratives qui souffrent toujours de lenteur. C’est par exemple le cas du « Prosol Elec », un prêt que l’Etat accorde à travers la STEG pour que le citoyen opte pour le système de l’énergie solaire. Il existe toujours un besoin de renouveler la caisse accordée à ce genre de prêt pour satisfaire toutes les demandes, soit en moyenne entre 7.5 et 10 milles dinars pour changer le système énergique d’une maison d’une surface allant de 70 à 100 m2 », explique Kchaou. Le cas échéant, rétorque-t-il, « cela découragerait les citoyens à opter pour cette transformation du système. Il suffit d’être un client de la STEG pour avoir le droit d’accéder à ce crédit qui n’exige pas de garantis. Malheureusement le processus a été entravé à causes de la hausse des frais douaniers sur les cellules photovoltaïques ce qui a causé la hausse du coût. Ceci s’est négativement répercuté sur la cadence d’avancement. N’empêche que nous ressentons une conscience auprès du citoyen quant à la nécessité de changer de système. »
Garant d’une meilleure indépendance
Pour ce qui est du partenariat public-privé dans ce secteur, le rythme a nettement évolué surtout avec la décision de l’Etat pour accorder des facilités des autorisations, note le spécialiste des énergies renouvelables. Et de noter que « l’énergie solaire remplace le gaz importé qu’on utilise pour fournir de l’électricité. Du coup, si nous arrivons à avoir de l’électricité sans gaz, ceci profitera doublement au pays d’abord parce qu’il s’agit d’une énergie propre et renouvelable, et puis parce que cela permettra à la Tunisie de réduire ses besoins en gaz importé. Et avec la conjoncture mondiale actuelle où les prix du gaz atteignent des propensions inquiétantes, le fait d’opter pour les énergies renouvelables s’avère comme une véritable solution stratégique. Et c’est justement pour toutes ces raisons réunies qu’il faut encourager et faciliter au citoyen l’accès à l’énergie solaire. Et ce, sans compter qu’il s’agit d’un secteur très demandé et qui offre des opportunités d’emploi aux jeunes dans la mesure où c’est un secteur qui n’enregistre pas de taux de chômage. Tout comme il s’agit d’un domaine d’investissement prometteur », conclut-il.



