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IACE : investir en Tunisie reste difficile face aux contraintes institutionnelles

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  • 23 janvier 11:48
  • 3 min de lecture
IACE : investir en Tunisie reste difficile face aux contraintes institutionnelles

Malgré leur résilience, les entreprises tunisiennes demeurent fortement contraintes par l’incertitude réglementaire, les lourdeurs administratives ainsi que par des limitations financières et technologiques, révèle une nouvelle enquête de l’Institut Arabe des Chefs d’Entreprises (IACE).

Intitulée « CEO 50: Priorités des dirigeants tunisiens face à l’instabilité », l’étude a été conduite auprès d’une cinquantaine de dirigeants représentant les entreprises tunisiennes les plus influentes et issues de secteurs variés.

Elle met en évidence un paradoxe : alors que 62 % des entreprises interrogées ont atteint leurs objectifs de rentabilité en 2024, traduisant une certaine résilience opérationnelle du secteur privé, de nombreuses contraintes continuent de freiner l’investissement, l’innovation et l’amélioration durable de la productivité.

Parmi les principaux obstacles, les dirigeants citent la fiscalité fluctuante, la lenteur administrative, le manque de visibilité sur l’évolution des règles ainsi que des réformes partielles dépourvues de cohérence globale.

Dans ce contexte, l’IACE estime que la planification à moyen et long terme devient extrêmement difficile, renforçant l’aversion au risque et une prudence structurelle dans les décisions d’investissement et d’innovation.

Face à cette incertitude, les entreprises adoptent une stratégie d’optimisation prudente, privilégiant la consolidation des activités existantes, l’amélioration de la productivité et le maintien de marges opérationnelles robustes.

Les investissements sont principalement orientés vers le remplacement d’équipements amortis (46 %) et l’extension du périmètre existant (33 %), tandis que l’innovation (12 %) et la diversification (9 %) restent marginales. Cette allocation traduit une approche visant à sécuriser la performance immédiate tout en limitant l’exposition aux risques institutionnels.

Stabiliser le cadre réglementaire et fiscal

L’enquête met également en lumière plusieurs vulnérabilités structurelles freinant l’expansion et la transformation productive des entreprises tunisiennes.

Les dirigeants interrogés évoquent notamment une capacité d’innovation perçue comme limitée (31 %), en raison de la fragmentation des écosystèmes technologiques et de l’insuffisante articulation entre universités, centres de recherche et tissu industriel.

La concurrence informelle, jugée particulièrement élevée par 44 % des répondants, exerce une pression sur les marges et réduit l’intérêt économique d’investir dans la différenciation et la montée en gamme. Par ailleurs, 27 % des dirigeants citent l’accès limité au financement comme un obstacle majeur.

Pour l’IACE, ces constats soulignent l’urgence d’interventions publiques ciblées, notamment la stabilisation du cadre réglementaire et fiscal, la simplification administrative, le renforcement du financement productif, la facilitation de l’accès au crédit pour les projets innovants et à forte valeur ajoutée, ainsi que le soutien à la modernisation technologique et infrastructurelle.

L’Institut recommande en outre une clarification des règles et la publication de trajectoires de réformes pour renforcer la confiance des entreprises, la réduction des délais et coûts de conformité via la numérisation et le guichet unique, le développement de mécanismes d’incitation pour l’innovation et la diversification, ainsi que la promotion de technologies de rupture et d’écosystèmes collaboratifs.

Il plaide enfin pour une approche intégrée des réformes afin de transformer les contraintes actuelles en opportunités de croissance durable.

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Auteur

La Presse

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