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Où se situe la Tunisie parmi les producteurs de viande dans le monde arabe ?

  • 27 février 20:55
  • 3 min de lecture
Où se situe la Tunisie parmi les producteurs de viande dans le monde arabe ?

La viande rouge continue d’occuper une place essentielle dans l’alimentation et les traditions sociales du monde arabe, particulièrement durant le mois de Ramadan où la consommation connaît un pic saisonnier.

Mais derrière cette importance culturelle et alimentaire, les chiffres révèlent un déséquilibre persistant entre production locale et besoins croissants, poussant de nombreux pays à recourir massivement aux importations.

Selon les données de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la demande en viande dans la région est fortement influencée par la croissance démographique et par les habitudes de consommation liées aux fêtes religieuses et aux traditions d’hospitalité.

Cette demande accrue met sous pression les filières locales, confrontées à des défis structurels, notamment le coût des aliments pour bétail et la rareté des ressources en eau.

Dans ce contexte, la Tunisie figure parmi les principaux producteurs arabes de viande bovine, avec une production annuelle estimée à près de 41 800 tonnes.

Le pays se classe ainsi à la huitième position dans le monde arabe, derrière des producteurs majeurs comme le Soudan, l’Égypte et le Maroc.

Ce positionnement souligne le rôle non négligeable de la filière bovine tunisienne, même si la production nationale reste insuffisante pour couvrir l’ensemble des besoins du marché local, en particulier lors des périodes de forte consommation comme Ramadan.

À l’échelle régionale, le Soudan arrive en tête avec plus de 366 000 tonnes de viande bovine produites par an, suivi par l’Égypte avec plus de 321 000 tonnes et le Maroc avec plus de 254 000 tonnes.

L’Algérie (135 000 tonnes) et le Yémen (86 024 tonnes) complètent le top cinq des producteurs arabes. A la sixième et septième places viennent la Jordanie (49 530 tonnes) et l’Arabie saoudite (43 000 tonnes), tandis que la Tunisie devance légèrement la Syrie (41 649 tonnes) et le Liban (39 193 tonnes). Au niveau mondial, les écarts de production restent considérables.

Les États-Unis dominent largement le marché avec plus de 12 millions de tonnes par an, devant le Brésil et la Chine avec respectivement 10,23 millions de tonnes et 7 millions de tonnes. Ces volumes illustrent la dépendance structurelle de nombreux pays arabes vis-à-vis des importations pour satisfaire la demande intérieure.

A la quatrième position vient l’Argentine avec 3,17 millions de tonnes, suivie de l’Australie (2,58 millions de tonnes), le Mexique (2,25 millions de tonnes), la Russie (1,69 million de tonnes), la Turquie (1,48 million de tonnes), le Pakistan (1,36 million de tonnes) et la France (1,29 million de tonnes).

Face à ces défis, plusieurs pays de la région, dont la Tunisie, cherchent à renforcer leur production locale afin de réduire leur dépendance extérieure. Toutefois, les contraintes liées aux coûts de production, aux ressources naturelles et aux fluctuations des marchés internationaux continuent de peser sur le développement du secteur.

Alors que la consommation de viande reste profondément ancrée dans les traditions culinaires, notamment pendant Ramadan, l’équilibre entre production locale et importations demeure un enjeu stratégique pour la sécurité alimentaire dans l’ensemble de la région.

Auteur

S. R

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