Lotfi Ben Aïssa : Au grand dam de l’économie, les sociétés communautaires n’ont pas eu le succès qu’elles méritent !
Lotfi Ben Aïssa, universitaire et expert en économie sociale et solidaire a indiqué qu’en dépit des facilités et autres incitations disponibles, une entrave manifeste dans le déploiement du modèle économique que sont les sociétés communautaires en Tunisie. L’intervenant a dressé son constat en se basant sur les dernières statistiques officielles.
En effet, lors de son intervention aujourd’hui, vendredi 3 avril 2026 sur les ondes de Diwan FM, M. Ben Aïssa a souligné qu’au mois de novembre 2025, quelques 230 entreprises citoyennes avaient finalisé leurs procédures juridiques. Toutefois, seules 60 d’entre elles sont effectivement entrées en activité, générant environ 380 emplois, soit une moyenne de 6 postes par entreprise.
L’expert a ajouté que ces résultats reflètent les difficultés réelles auxquelles sont confrontées les sociétés communautaires, ajoutant que cette situation lui a causé un « embarras personnel » lors de ses participations à des forums internationaux tant il a été contraint d’évoquer la réalité de l’économie sociale et solidaire (ESS) en Tunisie.
L’intervenant a insisté sur le fait qu’il n’y a « aucun avenir pour ces entreprises en dehors du système de l’économie sociale et solidaire ». Il a constaté que les sociétés communautaires représentent une opportunité menacée de perdition faute d’être exploitées de manière optimale. Et ce, déplore-t-il, malgré les avantages importants qu’elles offrent.
Le spécialiste a précisé dans cet ordre d’idées que les sociétés communautaires bénéficient de l’atout majeur des exonérations fiscales totales pendant 10 ans, qualifiant cela de « paradis » que la Tunisie n’a pas connu depuis l’indépendance, en plus d’un soutien financier public et privé dépassant les 150 millions de dinars.
Cependant, M. Ben Aïssa a souligné que l’économie sociale et solidaire connaît en revanche un développement remarquable à l’échelle internationale, ayant prouvé sa capacité à faire face aux crises économiques. Il estime dans ce sens que la Tunisie risque de rater l’occasion d’adopter ce modèle de développement, en dépit des importantes facilités fiscales et financières disponibles.



