Une victoire in extremis pour le CA : Si symbolique…
Un CA pas attractif, pas créatif qui l’emporte sur le fil, c’est la qualité des clubs qui jouent pour le titre. Le label Benzarti.
La Presse — Les équipes « inexorables » qui ne jouent pas un beau football mais qui gagnent in extremis, dans la difficulté, ce sont les équipes qui jouent pour les titres. Généralement, ce genre de football est payant à la fin avec une recette claire : défense en roc, un extrême réalisme pour concrétiser les quelques occasions présentées et des victoires courtes sur la durée. Certains n’aiment pas cela, d’autres, le contraire. Le CA de cette saison est certainement moins spectaculaire que l’année dernière, moins offensif, moins créatif dans l’ensemble, mais ses « stats » sont meilleures, son parcours est plus régulier. Et la fameuse comparaison entre Bettoni et Benzarti s’impose. Sous la direction du Français, pendant plus de 20 journées au moins, le CA jouait un football plaisant, étouffait ses adversaires et se créait chaque match au moins 5 à 6 occasions nettes dilapidées (les matches de l’USBG, du CSS, de la JSO, de l’ESZ et de l’USM en déplacement) et des matches perdus ou des nuls qui lui ont coûté cher en fin du parcours. Cette année avec Benzarti, l’effectif s’est amélioré (l’apport de Chaouat), et les résultats également. Pourtant, l’équipe joue moins bien, crée moins, mais gagne. L’illustration parfaite est la victoire à Ben Guerdene sur le fil. Au bout d’un match mal géré par Benzarti qui a lancé un onze pas costaud en milieu sur une pelouse hostile et dans un match qui demande des joueurs de duels et athlétiques. C’est vrai qu’il y a au moins un but valide mais injustement refusé par la VAR (encore une polémique) pour les équipiers de Harzi, mais il faudra avouer que les joueurs offensifs ont raté leur match. Mesmari n’était pas l’avant-centre qui pouvait peser en dépit de ses appels, le duo Khadhraoui-Bouguerra était hors du coup et le choix de Ait Malek, qui a tout raté avec sa lenteur, n’était pas une bonne idée. Le CA a perdu la possession et est tombé dans le jeu direct brouillon avec un vent qui changeait la trajectoire des balles. Dans tout cela, Benzarti, aussi obstiné que l’on connaît, n’a pas bronché pour lancer un trio de joueurs à quelques minutes de la fin. Il a été chanceux parce que l’action Harzi-Zemzmi a abouti à un penalty transformé. En même temps, la concertation du duo Harzi et Zemzmi sur l’action du coup franc montre bien que Benzarti a réussi à greffer une forte personnalité auprès de ses joueurs pour qu’ils restent aussi sobres jusqu’à la fin. Gagner, souffrir pour l’obtenir, une recette typique de Faouzi Benzarti qui gagne peut-être le match-référence de la saison. Le CA ne peut pas jouer pire que cela et il a gagné. Encore du chemin à faire avec la coupe de Tunisie qui pointe à l’horizon et un match assez délicat contre l’USM. L’entraîneur clubiste devra mieux gérer ce match pour rester dans la dynamique des succès.