Alors que la médecine moderne ne cesse de progresser grâce aux avancées scientifiques et technologiques, certaines pratiques de médecine charlatanesque ont la peau dure. Ancrées dans des croyances populaires et des traditions transmises de génération en génération, ces méthodes prétendument thérapeutiques sont souvent pratiquées par des pseudo-soignants dépourvus de toute formation médicale, qui se présentent comme de véritables « faiseurs de miracles ».
Dans de nombreux cas, lorsque la médecine conventionnelle tarde à produire des résultats visibles ou que la maladie s’avère difficile à traiter, certains patients ou parents d’enfants malades se tournent vers ces alternatives traditionnelles. Femmes souffrant de troubles de la fertilité, personnes atteintes de douleurs chroniques comme la sciatique, malades atteints de pathologies graves, voire cancéreuses, ou encore parents d’enfants souffrant de troubles respiratoires : tous deviennent des proies faciles pour ces guérisseurs autoproclamés qui promettent des guérisons rapides et miraculeuses.
Des pratiques clandestines aux risques sanitaires considérables
Souvent exercées dans la clandestinité et dans l’ignorance totale des règles élémentaires d’hygiène, ces pratiques présentent pourtant des risques sanitaires considérables, en particulier chez les enfants en bas âge.
Parmi les méthodes les plus dangereuses figure la technique dite de “la plume”, encore pratiquée dans certaines régions. Cette méthode consiste à introduire dans la gorge d’un enfant souffrant de difficultés respiratoires un objet – souvent une plume ou un instrument sale et non stérilisé – censé provoquer l’évacuation de mucosités.
Or, ce procédé est extrêmement risqué. L’utilisation de ces objets souillés peut provoquer des micro-déchirures de la muqueuse oropharyngée, favoriser la transmission de germes pathogènes et entraîner des infections graves. Dans certains cas, la manipulation peut même provoquer un arrêt respiratoire et conduire à la mort subite du nourrisson.
Ces dangers ont récemment été illustrés par un incident dramatique survenu le 13 mars dernier. Un père s’est présenté en urgence dans un hôpital de la capitale avec son nourrisson de neuf mois après l’avoir emmené chez une guérisseuse traditionnelle pour traiter le trouble respiratoire dont il souffre.
Selon les informations rapportées par le chef de service de réanimation où il a été pris en charge, le parent aurait pris cette décision après qu’une séance de kinésithérapie respiratoire n’a pas produit le résultat espéré. Il s’est alors rendu chez une septuagénaire qui pratique ce type de soins traditionnels, mettant la vie de son enfant en danger.
Le médecin spécialiste, médusée et choquée par la situation, a dénoncé l’ignorance et la désinformation qui ont failli coûter la vie à ce bébé.
Dans une publication destinée à alerter l’opinion publique, elle a mis en garde contre ces pratiques qui continuent de menacer la santé et la vie des enfants et a également appelé les citoyens à signaler tout cas d’enfants ayant subi ce type de soins auprès des délégués à la protection de l’enfance, afin de prévenir de nouveaux drames.
Le cas de ce nourrisson relance une question récurrente : celle de l’impunité dont bénéficient certains guérisseurs traditionnels. Malgré les dangers avérés de leurs méthodes, plusieurs d’entre eux continuent d’exercer librement, sans contrôle ni sanctions judiciaires.
Une situation qui soulève des interrogations sur la nécessité de renforcer la sensibilisation des familles et le cadre juridique afin de protéger les enfants contre des pratiques qui, sous couvert de tradition, peuvent mettre leur vie en péril.



