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Histoire militaire tunisienne : quatre musées à découvrir gratuitement demain

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  • 19 mars 15:51
  • 10 min de lecture
Histoire militaire tunisienne : quatre musées à découvrir gratuitement demain

Des musées militaires ouvriront gratuitement leurs portes au public demain vendredi 20 mars 2026 à l’occasion de la célébration par la Tunisie le 70ème anniversaire de l’indépendance le 20 mars 1956

Les visiteurs auront l’opportunité de découvrir différents aspects de l’histoire militaire tunisienne, dont les racines plongent dans la civilisation carthaginoise, en visitant les quatre musées placés sous la tutelle du ministère de la Défense nationale et placés sous la supervision de la Direction du patrimoine, de l’information et de la culture.

Cette initiative vise à encourager les citoyens, notamment les enfants et les jeunes, à découvrir les grandes étapes de l’histoire militaire nationale tunisienne en explorant le contenu de ces musées, qui retracent l’histoire des soldats tunisiens de la période carthaginoise à l’époque moderne et le rôle joués dans les événements majeurs qu’a connus la Tunisie.

Les musées à découvrir sont le Musée de la Marine de Ras El Blat, à Bizerte, le Musée Militaire National – Palais de la Rose à la Manouba, le Musée Militaire de la ligne défensive de Mareth et le Musée de la Mémoire Commune Tuniso-Algérienne à Ghardimaou.

Bizerte : Le Musée de la Marine de Ras El Blat, gardien de l’histoire navale tunisienne

Inauguré le 31 décembre 2022, le Musée de la Marine de Ras El Blat, à Bizerte, s’impose désormais comme le sanctuaire de la mémoire maritime nationale. À travers un parcours chronologique allant de l’Antiquité à l’époque contemporaine, l’établissement valorise des collections exceptionnelles qui retracent l’épopée de la Marine tunisienne.

Le visiteur y découvre une immersion unique avec modèles réduits, de rares cartes nautiques anciennes, d’archives photographiques et d’œuvres picturales qui côtoient du matériel d’armement et des rares instruments de navigation. Bien plus qu’une simple exposition, la scénographie met en lumière l’ancrage maritime profond des Tunisiens. Elle illustre également une tradition plurimillénaire de défense côtière en Méditerranée, portée par un réseau stratégique de places fortes, d’ouvrages défensifs et de bâtiments de guerre.

Le Musée Militaire National – Palais de la Rose à la Manouba

Le palais de la Rose a été construit en 1798 sous le règne du bey husseinite Hammouda Pacha (1782 – 1814). Il constitue l’une des plus grandes merveilles de l’art architectural tunisien. Il fut connu d’abord par la population sous le nom de « Grand Palais » ou celui de « Borj El Kebîr ».

Ce palais assura tout au long de son histoire des fonctions multiples. Il fut utilisé d’abord comme lieu de repos et de promenades printanières puis comme lieu de villégiature estivale. Dans un second temps, le palais devint le lieu de résidence pour des personnalités éminentes en visite en Tunisie.

Sous le règne d’Ahmed bey (1837 – 1855), le Palais de la Rose abrita dès 1839 – 1840 la caserne de l’artillerie puis celle de la cavalerie. Plus tard il fut le lieu de résidence des fonctionnaires étrangers de l’école de guerre du Bardo au cours de la première ouverture (1840 – 1853) et aussi au cours de la deuxième période (1859 -1866).

En 1881, le Palais de la Rose servit de quartier général pour les troupes d’occupation française. Au cours de la Deuxième Guerre Mondiale, le palais a été utilisé à des fins militaires par les troupes de l’Axe (novembre 1942 – mai 1943), puis par des unités de l’armée Française. Après l’Indépendance, le Palais de la Rose abrita l’école des sous- officiers et devint le siége du commandement de l’unité des travaux et de l’administration relevant de la Direction de l’Habillement et des Subsistances.

Tout au long de son histoire et plus particulièrement depuis l’indépendance, le Palais de la Rose a fait l’objet de plusieurs travaux d’entretien et de restauration dont les derniers ont commencé en 1977. Grâce aux efforts consentis par le Ministère de la Défense Nationale, qui a pris en charge les travaux de réfection et de restauration, le palais recouvra sa splendeur. Après quoi il a été décidé de faire de ce monument un musée militaire.

Le Palais de la Rose a été créé en vertu de la loi 106 / 86, en date du 31 décembre 1986. Il a pour mission de conserver, de présenter et d’enrichir le patrimoine historique militaire pour perpétuer le souvenir de ceux qui sont morts pour la patrie.

Le musée a été inauguré le 25 juin 1984 à l’issue des travaux de restauration dont il fut l’objet. Mais il ne fut ouvert au public que le 24 juin 1989 à l’occasion du 33é anniversaire de la création de l’armée nationale.

Le musée militaire national possède de riches et précieuses collections comprenant plus de 23000 objets ( armes blanches, armes à feu, peintures à l’huile, bas- reliefs, modèles miniatures de batailles, modèles de navires de guerre, boucliers, canons, avions, armes lourdes…) appartenant pratiquement à toutes les époques de l’histoire militaire de la Tunisie et dont une importante quantité d’armes datant du XIX é siècle fut utilisée par les troupes tunisiennes lors de la guerre de Crimée en 1854 aux côtés de l’Empire ottoman contre l’Empire russe.

Les différentes collections d’objets historiques sont réparties et exposées dans les salles successives du palais selon l’ordre chronologique des étapes de l’histoire de notre pays qui s’étend sur plus de 3000 ans.

Le Musée Militaire de la ligne défensive de Mareth

La ligne défensive de Mareth est située au sud tunisien dans la région de Mareth-Toujane, gouvernorat de Gabès. Cette ligne a joué un rôle important dans le déroulement des opérations pendant la Campagne de Tunisie ( novembre 1942-mai 1943 ).

Les forces françaises ont construit cette ligne défensive entre 1936 et 1940 et ce pour faire face à une éventuelle attaque de la Tunisie par les forces italiennes à partir de la Libye, alors colonie italienne.

La ligne défensive de Mareth, baptisée « ligne Maginot de désert » s’étend sur 45 Km et relie la mer aux monts de Matmata. Elle s’appuie sur l’Oued Zigzaou. Les fortifications de cette ligne comportent 40 casemates d’infanterie, 8 grandes casemates d’artillerie, 15 postes de commandement et 28 points d’appui.

Ces ouvrages bétonnés ont été renforcés par des canons antichars et des canons antiaériens. En plus de ces casemates, des fossés antichars ont été creusés, des barbelés installés et des champs de mines réalisés.

Au lendemain de la défaite française, en juin 1940, après l’occupation par les allemands de territoire français et la signature de traité d’armistice franco-allemand et franco-italien, une commission technique germano-italienne a procédé à la démilitarisation de la ligne défensive de Mareth.

Suite à leur défaite face à la VIIIème armée britannique commandée par le Général Montgomery, le 4 octobre 1942 à la bataille d’El Alamein, les forces germano-italiennes commandées par le Maréchal Rommel ont entamé leur repli vers la Tunisie à travers la Tripolitaine.

Le Haut Commandement de l’Axe a alors donné l’ordre de réarmer et de renforcer la ligne défensive de Mareth en vue de permettre aux forces de Rommel d’y retarder la poussée de la VIIIéme Armée britannique. Cette opération de réarmement s’est effectuée entre le mois de novembre 1942 et le mois de mars 1943. Sept mille soldats et civils ont été mobilisés pour cette opération qui a permis de réaliser 25 Km de fossés antichars, d’aménager les lits et les berges de l’ouest Zigzaou et de ses affluents, de poser 100 km de barbelés, 10000 mines antichars et 70000 mines anti-personnel.

Grâce au réarmement de ses positions défensives et à leur renforcement par ces divers obstacles, la ligne Mareth est devenue un obstacle difficile à franchir surtout en période de crue de l’oued Zigzaou.

C’est au mois de Mars 1943 que la bataille de Mareth a eu lieu. Elle a coïncidé avec la pression exercée alors au Centre et au Nord de la Tunisie par les forces alliées, commandées par la Général Anderson sur les forces de l’Axe commandées par le Général Von Arnim ainsi qu’avec le début de la suprématie maritime et aérienne des forces alliées dans le bassin méditerranéen.

Les forces en présence au cours de cette bataille étaient de l’ordre de 240000 hommes dont 160000 des forces alliées et 76000 des forces de l’Axe.

Les forces alliées étaient armées de 750 chars, 700 pièces d’artillerie de campagne, 1000 canons antichars, 535 avions, en plus des bâtiments de guerre.

Quant aux forces de l’Axe, elles n’avaient que 150 chars, 450 pièces d’artillerie, 500 canons antichars et 123 avions.

La bataille de Mareth a débuté le 16 Mars 1943 lorsque la VIIIéme armée a déclenché une attaque sur la ligne défensive de Mareth suivant 2 axes : le 1er axe le long de la région côtière entre Mareth et la côte, le 2ème consiste en une opération de contournement à travers le plateau du Dahar Tunisien.

La bataille a fait rage au cours des journées du 20 et 21 mars 1943 lorsque la VIIIème Armée britannique a tenté de percer l’Oued Zigzaou; elle avait cependant rencontré une farouche résistance de la part des forces de l’Axe commandées par le Général Messe.

Cette bataille a pris fin le 28 mars 1943 après la réussite des forces britanniques dans l’opération de contournement menée à travers la trouée d’El Hamma-Tebaga ce qui a obligé les forces de l’Axe à abandonner leurs positions défensives sur la ligne de Mareth et de se replier vers le Nord.

Le Musée de la Mémoire Commune Tuniso-Algérienne à Ghardimaou

Le Musée de la Mémoire Commune Tuniso-Algérienne à Ghardimaou est implanté dans les bâtiments qui ont abrité le quartier général de la Révolution algérienne pendant la Guerre de Libération (1954-1962).

L’exposition muséographique comprend des documents d’archives, des photos, des cartes, des armes et des supports audio-visuels relatifs à la situation géopolitique des pays du Maghreb à la fin de l’année 1954, aux différentes étapes de la révolution et à la Naissance de l’Etat Major Général à la vie quotidienne du commandement politique et militaire.

Il s’agit aussi de découvrir le soutien politique militaire et social de la Tunisie à la Révolution Algérienne de 1954 à 1962, l’utilisation du territoire tunisien comme base arrière pour l’Armée et le Front de Libération Nationale, tout en effectuant une visite virtuelle des différentes composantes du musée.

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Auteur

La Presse

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