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Culture

On nous écrit – « Lettre à Pascal Bruckner : Apprendre sur la Tunisianité » de Mohamed Zinelabidine : Pour une nouvelle anthropologie du culturel

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  • 22 avril 2026
  • 10 min de lecture
On nous écrit – « Lettre à Pascal Bruckner : Apprendre sur la Tunisianité » de Mohamed Zinelabidine : Pour une nouvelle anthropologie du culturel

Ce nouvel ouvrage fait suite à «La Tunisianité au pluriversel» que Mohamed Zinelabidine consacre, une fois encore, à ce qu’il considère «sa source, sa ressource, sa fierté d’appartenance et de reconnaissance, une Tunisianité millénaire, constamment civilisatrice du monde». Dans sa préface, Geneviève Clancy, philosophe et professeur à l’Université Panthéon-Sorbonne inisiste : «…La force de la thèse de Mohamed Zinelabidine tient, non seulement dans la connaissance dont elle témoigne, tant en ce qui concerne la pensée et ses pluriels, mais également par le regard averti et lumineux qu’elle porte sur la dimension occidentale. Tout s’établit, selon un véritable tissé d’œuvres empruntées aux deux civilisations, et entrant en une résonance qui nous fait pénétrer dans l’Ouvert au sens que lui donne Rainer Maria Rilke.

Au-delà d’une argumentation, il s’agit d’une véritable ouverture dans la lumière, un poème philosophique.… Mohamed Zinelabidine illustre cette pensée de Gaston Bachelard: «La parole du poète passe au seuil de l’Être». Faisant surgir l’essentiel par un jeu d’approche et de retrait des visages du faire œuvre sous ses traits musicaux et poétiques. C’est une prise de parole de l’infini pour conjurer la malédiction de la haine, du préjugé et de l’ignorance.

N’est-on pas dans la question de l’art, non dans son engagement, comme présence lumineuse pouvant offrir à l’humanité un avenir digne de son être et capable de résister aux pouvoirs des pires exactions ? Cette thèse, tant par sa critique que dans les champs d’ouverture qu’elle propose, éclaire à quel point la création n’est ni une critique de la réalité, ni une volonté de changer le monde, mais le passeur de ce rêve profond d’un monde autre, sans contour précis, mais en résonance avec les idées d’absolu déposées en l’homme».

Après «Correspondances Edward Saïd et Mohamed Zinelabidine», paru en 2025 aux Salons de la Sorbonne, éditions Sotumédias, fruit de ses recherches au Centre des études philosophiques de l’université Panthéon-Sorbonne, Mohamed Zinelabidine présentera fin avril son nouvel ouvrage «Lettre à Pascal Bruckner/ Décivilisation et suprémacisme blanc : Apprendre sur la Tunisianité», au Salon international du livre de Rabat, ensuite à Paris-Sorbonne.

Un travail inlassable et un effort soutenu de l’auteur face à autant d’incompréhension dans le monde. L’engagement intellectuel de Mohamed Zinelabidine ne faiblit pas, mais au contraire. Cet ancien ministre tunisien de la culture, universitaire et chercheur de haut niveau à la Sorbonne, ne cesse d’écrire, d’agir et d’intervenir dans les hautes sphères du savoir académique et culturel, à travers plus d’une cinquantaine de pays d’Europe, d’Asie, d’Amérique et d’Afrique, pour prendre position contre la méconnaissance mutuelle, le suprémacisme, la décivilisation, et toutes sortes de préjugés et d’imposture. Un engagement qu’il tient depuis plus de trente ans, initié depuis «Trialogue Francis Fukuyama, Mohamed Zinelabidine et Samuel Huntington : L’Impensé au présent».

Il y consacre sept ouvrages où il plaide ouvertement pour une nouvelle herméneutique culturelle autrement plus compréhensive et constructive entre Orient et Occident, que l’histoire géopolitique a lourdement compromise. Ensuite, à travers «Trialogue André Malraux, Mohamed Zinelabidine et Edward Saïd : L’Impensé, le possible et d’improbable», trois ouvrages pour plaider en faveur de nouvelles grammaires culturelles entre Orient et Occident, et réinventer une pensée occulte qu’il choisit de définir comme «Impensé», ce qui n’a pas été forcément ou suffisamment pensé, sans être impensable. Son projet intellectuel présent c’est «La Culture pour repenser le monde » qu’il a érigé en Forum international de 40 nationalités, réunissant universitaires, artistes, médiateurs et responsables institutionnels.

Un inlassable effort pour un infatigable espoir, selon lui, afin que la culture soit à même d’assumer, par sa diversité, son rôle fondateur et fédérateur, sa portée imaginaire et intellectuelle, son rôle premier dans ces temps où les savoirs et les arts se banalisent, se mercantilisent, s’appauvrissent, se matérialisent, se précarisent et m’amenuisent. Pour Gérard Pelé, professeur émérite à l’université Paris I-Panthéon Sorbonne : «…Et cette expérience de Mohamed Zinelabidine est marquée d’un «éclat vif», par l’incandescence passagère mais constamment renouvelée de sa pensée mise au contact des cultures des différents pays avec lesquels il a entretenu de nombreuses collaborations.

C’est donc bien cette fréquentation de diverses cultures qui l’a conduit à examiner les thèses de Francis Fukuyama et Samuel Huntington, dont l’apparente opposition ne doit pas leurrer sur leur accord profond en ce qui concerne une supposée perfection de la «démocratie libérale» dans sa version occidentale…». Alors que pour Eliane Chiron, professeur émérite et ancienne directrice du «Centre de recherches en Arts visuels» à l’Université Panthéon-Sorbonne : «Or l’artiste-chercheur qu’est Mohamed Zinelabidine ne peut se satisfaire de cette lacune, portée par Huntington hissant l’étendard du «choc des civilisations».

D’où l’urgence à ses yeux d’«essayer de comprendre la dimension plurielle du social en privilégiant des thèses communes à l’imaginaire, à l’émotion, aux affects, au sensible, et ce, au-delà des pensées convenues et des sciences catégoriques, selon lui». Car «c’est à l’art d’humaniser le politique et réconcilier plutôt que de chercher à creuser les différences et raviver le ressentiment, comme il le rappelle».

C’est aussi dans cet esprit que Françoise Brunel, vice-présidente de l’Université Panthéon Sorbonne écrira dans sa préface de l’ouvrage de Mohamed Zinelabidine «L’Impensé sociologique» : «….Dans le sillage de la phénoménologie de Merleau-Ponty, évoquée dès le Prélude, le Professeur Mohamed Zinelabidine, chercheur, universitaire-médiateur culturel et acteur remarqué de la culture dans les hautes fonctions de ministre de la République tunisienne, entend se départir des modélisations parfois rigides qui menacent sociologues, anthropologues ou historiens, choisissant les Signes comme autant de possibles….».

Un élan porté, de surcroît, par François De Bernard, philosophe et président du Groupe d’études et de recherches sur les mondialisations-Paris, dans sa préface de «L’impensé poïétique». Il fera remarquer : «…Mohamed Zinelabidine, le nouveau Janus bifrons, peut alors affirmer avec conviction et clarté : «L’artiste-penseur me paraît, en réalité, un impenseur donnant sens et non-sens au vide, au silence, à la solitude, à la projection, à l’attente… C’est celui qui regarde sans crainte yeux grand ouverts vers l’avant tout en maintenant son attention et respect au passé, celui qui s’intéresse aux initiations et commencements originels autant qu’aux fins dernières…».

Un nouveau livre que Mohamed Zinelabidine commet «Lettre à Pascal Bruckner», dans le sillage d’une conviction, celle de devoir porter une voix différente. Auteur de trois thèses de doctorat soutenues aux universités de la Sorbonne (Paris I-Paris IV et Paris V), il est également auteur de 11 ouvrages sur «L’Impensé», directeur scientifique de 25 ouvrages dont deux dictionnaires, et directeur-responsable de plus de 150 conférences et congrès nationaux et internationaux. Infatigable quêteur de l’absolu et d’un idéal humain, il cherchera sans cesse à nourrir la pensée par l’impensé, l’universalisme par la pluriversalité, toujours en quête d’un monde meilleur. Une vision, un projet et une ambition partagée par nombreux penseurs, universitaires et artistes du monde qu’essaie de faire valoir Mohamed Zinelabidine.

Et c’est dans cet esprit que s’inscrit, une fois encore, son nouvel ouvrage «Lettre à Pascal Bruckner» où il revient sur les notions de décivilisation, de culturalisme et de suprémacisme blanc, dans le dessein de circonscrire afin d’admettre certains traits d’une histoire restée cabalistique, si fortement empreinte de préjugés, d’un point de vue occidental, traversée de longue période taciturne, selon lui.

A en juger, par le titre de son essai polémique «Le Sanglot de l’homme blanc. Tiers-Monde, culpabilité, haine de soi», inspiré d’un célèbre poème de Rudyard Kipling «Le Fardeau de l’homme blanc» (The White Man’s Burden), ce serait un devoir de civilisation du reste du monde pour ceux dont l’intention ne pouvait être moins explicite, l’ambition non plus saumâtre.

Pour Mohamed Zinelabidine : «Finalement, ni décivilisation ni suprémacisme blanc, ni autres titres aventureux, pompeux et grandiloquents, sinon un vouloir d’agir, en faveur d’un post-culturalisme à présent, comme une nouvelle anthropologie du culturel et du social, voire un nouveau fait historique qui crée sa propre généalogie de la culture, celle de la pensée et des idées».

Et pour y répondre, l’auteur le dit sans détour : «Cette fois-ci, particulièrement, ce sera la Tunisianité historique et culturaliste qui est appelée à la rescousse, de manière à tenter d’éclairer notre hypothesis. J’y réponds, pour le cas présent, par un recours à une Tunisianité volontaire, que Pascal Bruckner connaît censément peu, alors qu’elle a marqué de son essor un Occident méditerranéen millénaire.

Je le fais, non point comme éloge ou plaidoyer pour elle, mais afin que toute lecture de la culture ne soit ni châtrée ni estropiée, assidûment aux approches comparatives et évolutives, sans hiérarchie ni exclusive, insiste-t-il ». Dans sa préface, pour Geneviève Clancy, philosophe et professeur à l’Université Panthéon-Sorbonne «…. La force de la thèse de Mohamed Zinelabidine tient, non seulement dans la connaissance dont elle témoigne, tant en ce qui concerne la pensée et ses pluriels, mais également par le regard averti et lumineux qu’elle porte sur la dimension occidentale.

Tout s’établit, selon un véritable tissé d’œuvres empruntées aux deux civilisations, et entrant en une résonance qui nous fait pénétrer dans l’Ouvert au sens que lui donne Rainer Maria Rilke. Au-delà d’une argumentation, il s’agit d’une véritable ouverture dans la lumière, un poème philosophique… Mohamed Zinelabidine illustre cette pensée de Gaston Bachelard: «La parole du poète passe au seuil de l’Être». Faisant surgir l’essentiel par un jeu d’approche et de retrait des visages du faire œuvre sous ses traits musicaux et poétiques. C’est une prise de parole de l’infini pour conjurer la malédiction de la haine, du préjugé et de l’ignorance.

N’est-on pas dans la question de l’art, non dans son engagement, comme présence lumineuse pouvant offrir à l’humanité un avenir digne de son être et capable de résister aux pouvoirs des pires exactions ? Cette thèse, tant par sa critique que dans les champs d’ouverture qu’elle propose, éclaire à quel point la création n’est ni une critique de la réalité, ni une volonté de changer le monde, mais le passeur de ce rêve profond d’un monde autre, sans contour précis, mais en résonance avec les idées d’absolu déposées en l’homme».

Chedly HAMROUNI

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