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Phénomène de jet des pierres chez les adolescents : parents et école ont failli à leurs devoirs…

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  • 17 février 13:56
  • 5 min de lecture
Phénomène de jet des pierres chez les adolescents : parents et école ont failli à leurs devoirs…

Des élèves s’adonnent à des jets de pierre à l’intérieur même de l’enceinte de l’école. C’est ce qui a été illustré dans des photos et des vidéos qui ont massivement circulé sur les réseaux sociaux durant ces trois derniers jours. Ces hideuses images ont suscité l’indignation des Tunisiens qui ont crié halte à ces faits tout autant impolis qu’agressifs.

Cependant, si les vidéos partagées concernent des lycées à Ezzahrouni et à La Mannouba, le phénomène semble être bien plus généralisé. Un observateur non averti croirait que ces faits filmés et partagés sont isolés et conjoncturels. C’est faux ! Le phénomène du jet de pierre qui semble devenir un dénominateur commun chez bon nombre d’adolescents, n’est en réalité que l’un des multiples actes agressifs dont sont accusés ces jeunes gens.

Saccage, vandalisme, agressivité verbale et jet de pierre s’inscrivent sous l’enseigne d’un phénomène inquiétant qui semble prendre de l’ampleur et gagner du terrain chez nous. C’est en tout cas ce qu’on déduit de l’intervention du directeur central au sein de la direction générale de la sécurité nationale.

Invité sur le plateau de la radio nationale ce matin du mardi 17 février, le responsable a confirmé que les plus jeunes pratiquent bien des actes illégaux à l’instar de la consommation des stupéfiants, les paris, les actes de vandalisme, à côté du jet de pierres aussi bien sur les personnes que sur les moyens de transports publics et privés. « Le phénomène du jet des pierres a pris de l’ampleur durant ces quatre dernières années.

Les enquêtes ont montré que ce phénomène est lié à l’addiction aux jeux électroniques où les joueurs sont appelés à frapper. Lorsque ces jeunes gens quittent la plateforme du jeu, ils sont toujours sous l’emprise de l’esprit de combat imposé par le jeu et continuent donc d’agir tel un joueur. Sauf qu’ils le font dans la vraie vie en ciblant des innocents et des biens publics. Les bus, les métros et les trains sont toujours ciblés par ces joueurs », a-t-il assuré.

Entre l’enclume et le marteau

Le responsable sécuritaire a, par ailleurs, exprimé son désarroi face à la propagation de ce phénomène. Il a révélé que les sécuritaires sont redevables de protéger les biens publics et les moyens de transport et sont donc souvent contraints d’arrêter ces mineurs. « L’arrestation d’un mineur ne se passe jamais sans estampiller un jeune !

Ceci le marquera et aura hélas des répercussions sur sa santé psychologique. Sauf qu’en les arrêtant,  les sécuritaires ne le font pas avec gaieté de cœur, mais le font par devoir ! La poursuite judiciaire a lieu surtout si l’acte commis a engendré des dégâts matériaux que ce soit sur les personnes ou sur les biens.

D’ailleurs la réintégration de ces jeunes gens est coûteux aussi bien pour la famille que pour l’école, la société et l’Etat tout entier », indique-t-il. Et d’ajouter que « souvent, ce sont les parents et les tuteurs légaux qui sont poursuivis pour négligence.  Parce qu’un enfant de 13 ou 14 ans qui commet un acte de violence n’est jamais le seul responsable ! Son éducation est le travail de ses parents. Et si une faille est retrouvée chez le mineur, c’est que ses parents en assument une grande part de responsabilité ».

Une responsabilité parentale !

Le responsable a, dans ce sens, mis l’accent sur l’importance du rôle du parent. Il a conjuré les tuteurs à ne pas se montrer démissionnaires et à se montrer bien plus impliqués et attentifs aux comportements de leurs enfants. « Le parent doit toujours vérifier qui sont les personnes que son enfant côtoie.

Il est redevable de savoir où et avec qui son enfant se trouve à chaque instant de sa journée, il est redevable de savoir qu’est-ce que son enfant est en train de faire surtout à des heures tardives ! Il est inconcevable qu’un parent permette à un tout jeune enfant de rester dehors jusqu’à des heures tardives sans savoir où il est, avec qui et ce qu’il est en train de faire !

Le parent est redevable de savoir pourquoi son enfant a demandé de l’argent tout comme il est redevable de savoir d’où est-ce que son enfant a bien pu dénicher de l’argent qu’il ne lui a pas donné. Le parent est redevable d’inscrire son enfant dans des activités bénéfiques, de veiller à ce qu’il se retrouve dans des endroits de loisirs fiables et contrôlés.

Les parents ont redevables d’encadrer leur progéniture et de les accompagner. Le parent est redevable de ne pas laisser un fossé se creuser entre lui et son enfant et est appelé à s’en approcher et à l’écouter pour dépasser la période sensible et critique de l’adolescence. Il en est de même aussi pour les institutions d’éducation. L’enfant y passe la majorité de son temps et l’école doit absolument jouer pleinement son rôle éducatif et ne plus se contenter d’enseigner », conseille-t-il.   

Lire aussi:  Sécurité intérieure : plus de 24000 arrestations en 2025

 

 

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Auteur

Abir Chemli

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