Les répercussions psychologiques du harcèlement en milieu scolaire, qui touche généralement les enfants soit par leurs camarades ou autres auteurs de cet acte, ont suscité une vague de réactions sur les réseaux sociaux et dans les médias traditionnels à la suite du décès d’un élève de 15 ans dans la délégation de Hbira (gouvernorat de Mahdia) qui s’est suicidé après une campagne de harcèlement par un groupe d’élèves.
« Cet incident, qui a fait l’objet d’une enquête pour déterminer les circonstances ayant conduit cet enfant à mettre fin à ses jours, n’est pas le premier du genre au vu de certaines pratiques exercées par des personnes inconscientes agissant sans anticiper les effets néfastes de leurs actes sur la victime », a indiqué le porte-parole du tribunal de première instance de Mahdia Walid chtobri, dans une déclaration à la TAP.
De son côté, le membre de la fédération régionale de l’enseignement secondaire à Mahdia Radhouan Lahyou, a relevé qu’un élève de première année de l’enseignement secondaire a été victime, de « harcèlement répétitifs » en dehors de l’établissement scolaire, selon ses propos.
« La victime a subi, sans réagir, des moqueries et des agressions verbales de la part de ses amis qui l’ont affecté profondément et provoqué une situation de détresse silencieuse liée à un sentiment d’impuissance » a appris le correspondant de la TAP à Mahdia.
Pour sa part, le psychologue et spécialiste en comportement social Ahmed Labiadh a souligné dans une déclaration à la TAP, que les répercussions du harcèlement varient en fonction de l’équilibre psychologique de la victime.
Il a déclaré que la victime est capable de faire face au harceleur, ou même de l’ignorer, néanmoins cette forme de violence peut avoir des répercussions sur les personnes fragiles et leur faire perdre l’estime de soi.
Le spécialiste a précisé que les victimes peuvent ressentir le harcèlement comme une forme de violence psychologique qui se manifeste par un repli sur soi causé par la peur de l’humiliation et des « blessures indélébiles » entrainant une perte de motivation pour l’apprentissage et la vie sociale.
Par ailleurs, il a appelé les parents à faire preuve de vigilance, à identifier certains signes liés à l’anxiété chez l’enfant et à lui assurer un accompagnement psychologique pour éviter d’éventuelles complications ou idées suicidaires.
Evoquant la lutte contre le harcèlement en milieu scolaire, le spécialiste a souligné que le soutien psychologique au harceleur est nécessaire pour briser le cercle de la violence en ciblant les causes de son comportement par le biais de thérapies.
« Le harceleur ressent un besoin de domination sur l’autre en raison de ses échecs cumulés dans d’autres domaines, tels que les études ou la créativité en général », selon le spécialiste, expliquant qu’il souffre généralement du manque d’estime, de mépris, ou de dévalorisation par les membres de sa famille de manière directe ou indirecte.
Il convient de noter que cet incident a suscité une indignation sociale illustrée dans les réactions sur les réseaux sociaux ou par l’Organisation internationale de protection des enfants de la Méditerranée qui a entamé, mercredi, des poursuites judiciaires contre les parents d’élèves, responsable des actes de harcèlement commis par leurs enfants, faisant porter à l’établissement scolaire la responsabilité de tout manquement, au cas ou aucune mesure disciplinaire n’a été prise.
L’organisation a souligné la nécessité d’ouvrir une enquête administrative et judiciaire pour déterminer les responsabilités, appelant le ministère public et la délégation à la protection de l’enfance à convoquer les élèves de la classe de la victime (en présence d’un psychologue) les enseignants et le personnel administratif pour les besoins de l’enquête.