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Société

28,4 % des élèves ont été victimes de violence physique en milieu scolaire

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  • 3 février 15:30
  • 3 min de lecture
28,4 % des élèves ont été victimes de violence physique en milieu scolaire

Une étude récente, réalisée par le bureau de l’UNICEF en Tunisie pour le compte du ministère de l’Éducation, révèle que le taux général d’exposition des élèves à la violence physique s’élève à 28,4 %. Ce chiffre se décompose en 12,5 % d’élèves ayant subi des violences une seule fois et 15,9 %  ayant subies à plusieurs reprises, les garçons étant plus touchés que les filles.

Les résultats ont été présentés ce mardi à l’Académie diplomatique de Tunis, lors du lancement du séminaire national pour la mise en place du Plan national de protection de l’institution éducative contre la violence, en présence du ministre de l’Éducation, Noureddine Nouri, ainsi que de représentants de l’UNICEF et de la société civile.

Mme Rym Maaroufi, Directrice générale du cycle préparatoire et de l’enseignement secondaire, a précisé que l’étude, menée entre 2023 et 2025, s’inscrit dans une stratégie globale intitulée « Nous sommes tous responsables ».

L’enquête a reposé sur trois sondages complémentaires. L’échantillon a inclus:

3 098 élèves (12-18 ans) répartis sur 11 gouvernorats et 40 établissements ont été questionnés.

487 adolescents en décrochage scolaire.

Et 751 professionnels (enseignants, directeurs, surveillants) pour évaluer la capacité de réaction des établissements.

L’étude pointe des disparités régionales significatives.

À l’Ariana, Kasserine, Le Kef et Gabès, plus d’un élève sur trois a été victime de violence.

À Tozeur, Gafsa et Tunis, le taux tombe à moins d’un élève sur quatre.

57 % des incidents surviennent à l’intérieur des murs de l’établissement.

25,8 % dans la cour de récréation.

19,7 % dans les salles de classe.

19,6 % sur le chemin de l’école.

40 % des actes de violence physique sont perpétrés par les élèves eux-mêmes (garçons comme filles). Par ailleurs, 61,4 % des élèves interrogés ont déclaré avoir subi des moqueries ou des insultes.

Les filles sont proportionnellement plus exposées aux violences internes à l’institution (76,8 %) que les garçons (58,5 %).

L’étude souligne que la violence laisse des séquelles psychologiques lourdes et accroit le risque de dépression (surtout chez les filles) et  d’addiction aux drogues ou à l’alcool.

Un manque criant de signalements officiels a été constaté, la majorité des alertes provenant uniquement des parents, ce qui freine l’efficacité des mécanismes d’intervention précoce.

En conclusion, Mme Maaroufi a appelé à une synergie entre le ministère de l’Éducation, les autres structures publiques et la société civile pour bâtir un environnement scolaire sécurisé, soulignant que la violence est un facteur majeur d’échec et de décrochage scolaire.

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Auteur

La Presse

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