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Innovation, formation et agriculture numérique : Bayer dévoile sa stratégie pour la Tunisie

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  • 12 mars 15:44
  • 6 min de lecture
Innovation, formation et agriculture numérique : Bayer dévoile sa stratégie pour la Tunisie

Présente en Tunisie depuis plus de trois décennies, Bayer renforce son engagement en faveur d’une agriculture plus durable et résiliente. Lors d’une table ronde organisée hier avec des représentants des médias, les responsables de la division Crop Science du groupe ont présenté leur vision pour accompagner les agriculteurs tunisiens face aux défis du changement climatique, de la gestion de l’eau et de la sécurité alimentaire, en misant sur l’innovation, la formation et les solutions numériques.

Les éléments présentés lors de cette rencontre reposent notamment sur les interventions de Amina L’Kima, Directrice Générale & North Africa Commercial Lead – Crop Science, de Hajar Dinar, Country Communications Lead – Afrique du Nord, et de Hanen Chebaane, représentante du bureau Bayer en Tunisie & Sales Operation Liaison Tunisia. Toutes trois ont mis en avant les défis structurels auxquels l’agriculture nord-africaine et surtout tunisienne est confrontée, mais aussi les solutions que l’entreprise souhaite développer pour accompagner les agriculteurs.

Et dans un contexte marqué par le changement climatique, la pression croissante sur les ressources hydriques et la nécessité d’améliorer la productivité agricole, Bayer défend une approche intégrée reposant sur trois piliers : la performance agronomique, la préservation des ressources naturelles et la viabilité économique des exploitations.

“En Afrique du Nord, les agriculteurs font face à des défis structurels majeurs qui exigent des solutions durables et adaptées. Notre responsabilité, en tant qu’acteur engagé depuis plusieurs décennies dans la région, est de favoriser le dialogue, d’accompagner la montée en compétence et de soutenir un modèle agricole capable de résister aux pressions climatiques tout en créant de la valeur pour les filières”, a souligné Amina L’Kima.

Présente dans plus de 55 pays à travers le monde, Bayer est une entreprise spécialisée dans les sciences de la vie, avec des activités couvrant la santé humaine et l’agriculture. Sa division Crop Science développe notamment des solutions de protection des cultures, des semences et des innovations destinées à améliorer les rendements agricoles tout en limitant l’impact environnemental.

“En Afrique du Nord, la division s’appuie sur un hub régional basé à Casablanca et déploie ses activités au Maroc, en Algérie et en Tunisie. Les réalités agricoles y sont toutefois très différentes. Le Maroc, par exemple, est fortement tourné vers l’export agricole, tandis que l’Algérie se caractérise par de vastes surfaces cultivées.

La Tunisie, quant à elle, se distingue par des exploitations souvent plus modestes mais avec un niveau de technicité relativement avancé”, a-t-elle encore précisé, tout en ajoutant que le marché des produits phytosanitaires en Tunisie est estimé à environ 40 millions d’euros, contre plus de 100 millions d’euros au Maroc et près de 90 millions d’euros en Algérie. Malgré sa taille plus réduite, le marché tunisien reste stratégique, notamment en raison de ses filières d’exportation telles que l’huile d’olive, les dattes, certains agrumes ou encore la tomate.

Formation et accompagnement des agriculteurs

Au-delà des solutions technologiques, Bayer met l’accent sur l’accompagnement des agriculteurs et la diffusion des bonnes pratiques agricoles. Chaque année, environ 2 000 agriculteurs et professionnels du secteur bénéficient de formations sur l’utilisation responsable des intrants, la sécurité et la protection de l’environnement… Ces actions de formation ciblent différents profils, allant des ingénieurs agronomes et techniciens agricoles aux opérateurs directement impliqués dans l’application des produits phytosanitaires sur le terrain.

“Notre priorité est d’être aux côtés des agriculteurs : sur le terrain, dans la formation, dans l’accompagnement technique et dans l’adoption progressive de pratiques plus durables… Les partenariats que nous développons avec les instituts, les universités et les organisations professionnelles renforcent notre capacité à contribuer concrètement à la durabilité et à la performance du secteur”, a expliqué Hanen Chebaane.

Ces programmes de sensibilisation accordent une attention particulière à la sécurité d’utilisation des produits. Des sessions sont organisées directement dans les exploitations agricoles ou dans des espaces de proximité afin de former les opérateurs aux bonnes pratiques.

Dans ce cadre, Bayer distribue également des équipements de protection individuelle (gants, masques, combinaisons) afin de réduire les risques pour la santé humaine et l’environnement.

L’entreprise s’appuie aussi sur un réseau de distributeurs locaux qui assurent la commercialisation des produits sur l’ensemble du territoire tunisien. Ces partenaires disposent d’équipes technico-commerciales chargées d’accompagner les agriculteurs et de garantir une présence de proximité dans les différentes régions agricoles.

Parallèlement, Bayer développe des collaborations avec plusieurs institutions scientifiques et techniques tunisiennes, notamment des centres techniques spécialisés, des instituts de recherche et des universités.

Ces partenariats permettent de mener des travaux de recherche appliquée afin de tester les innovations dans les conditions locales et d’ajuster les solutions aux réalités du terrain. “L’objectif est de garantir que les produits proposés répondent aux besoins spécifiques des agriculteurs tunisiens”, a encore précisé Hanen Chebaane.

L’agriculture numérique, levier de transformation du secteur

Autre axe stratégique mis en avant lors de la rencontre avec les médias : le développement de l’agriculture numérique. Bayer explore actuellement différentes solutions digitales capables d’aider les agriculteurs à optimiser la gestion de leurs exploitations.

Ces outils reposent sur l’analyse de données, l’imagerie satellitaire et les systèmes d’aide à la décision. Ils permettent notamment de déterminer le moment optimal pour semer, irriguer ou appliquer un traitement phytosanitaire, en fonction des conditions climatiques et de l’état des cultures.

“L’objectif est double : améliorer les performances agricoles tout en réduisant l’utilisation des intrants et l’impact environnemental. Certaines de ces technologies sont déjà déployées dans plusieurs pays, notamment en Europe et au Maroc. En Tunisie, elles restent encore en phase d’exploration et d’adaptation aux réalités locales”, a expliqué Hajar Dinar.

Dans cette perspective, Bayer envisage également de collaborer avec des startups tunisiennes spécialisées dans l’agritech afin de développer des solutions numériques adaptées aux besoins du marché national.

Cette approche collaborative vise à combiner l’expertise technologique du groupe avec la connaissance du terrain des acteurs locaux.

“ Nous sommes en train d’identifier des startups et des initiatives innovantes avec lesquelles nous pourrions travailler. L’objectif est de co-développer des solutions qui correspondent réellement aux besoins des agriculteurs tunisiens”, ont indiqué les responsables de l’entreprise.

En parallèle, Bayer poursuit le développement de nouvelles solutions agronomiques, notamment des produits biologiques et des biostimulants destinés à renforcer la résilience des cultures face aux stress climatiques.

À horizon 2030, l’entreprise ambitionne de rendre ses services numériques plus largement accessibles aux exploitations agricoles, tout en poursuivant ses actions de formation et de sensibilisation.

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Auteur

Meriem KHDIMALLAH

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