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Café de contrebande : l’État tunisien serre la vis

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  • 8 février 10:16
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Café de contrebande : l’État tunisien serre la vis

Le marché tunisien du café est confronté à une vague inédite de produits de contrebande, poussant les autorités à lancer une vaste campagne de contrôle et de saisie. Le ministère du Commerce a annoncé l’engagement de poursuites judiciaires contre les contrevenants, après la découverte de grandes quantités de café non homologué, portant des marques inconnues et circulant en dehors des circuits officiels.

Selon le ministère, ces produits, issus du marché parallèle, “ne sont pas sûrs et ne font l’objet d’aucun contrôle sanitaire”. Les autorités ont ainsi appelé les professionnels, notamment les propriétaires de cafés, à s’approvisionner exclusivement auprès des canaux légaux, représentés par les entreprises locales de torréfaction agréées.

Cette alerte intervient après une propagation soudaine et massive de cafés non autorisés sur le marché, un phénomène qualifié d’inédit par les acteurs du secteur. Les services de contrôle ont procédé à la saisie des quantités concernées, tout en intensifiant les opérations de surveillance sur l’ensemble du territoire.

Un déséquilibre des prix aux lourdes conséquences

L’écart de prix entre le café distribué légalement et les produits de contrebande apparaît comme l’un des principaux moteurs de cette crise. Jasser Ahmar, président du Groupement des Torréfacteurs de Café au sein de la Confédération des entreprises citoyennes de Tunisie (CONECT), affirme qu’un pays voisin serait à l’origine de ces flux illicites. “Le café est introduit illégalement en Tunisie à des prix très bas, parfois même inférieurs à son prix de vente dans le pays producteur”, explique-t-il.

Il met aussi en garde contre les risques sanitaires liés à ces produits, dont la composition reste inconnue, soulignant que la situation est d’autant plus préoccupante que ces cafés ont dépassé les circuits parallèles pour s’infiltrer jusque dans des commerces et grandes surfaces autorisés, appuyés par une présence croissante sur les réseaux sociaux.

Sur le plan économique, l’impact est sévère. Les entreprises tunisiennes agréées (au nombre de 286) s’approvisionnent exclusivement auprès de l’Office tunisien du commerce, seul organisme habilité à importer le café. Or, selon Wafa Attaoui, vice-présidente du Groupement des Torréfacteurs de Café, les volumes commercialisés légalement se sont effondrés, passant de 2 300–2 500 tonnes par mois à environ 900 tonnes.

Cette chute brutale a entraîné la fermeture de nombreuses entreprises et fragilisé tout un secteur, alors que le café de contrebande représenterait désormais près de 60 % du marché national. Une situation alarmante, aux répercussions économiques et sanitaires durables, qui place la lutte contre la contrebande au cœur des priorités des autorités.

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Auteur

La Presse

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