La production d’électricité en Tunisie a progressé de 6 % en 2025 par rapport à 2024, pour atteindre environ 20 535 GWh. Selon la note de conjoncture publiée par Observatoire National de l’Énergie et des Mines, la production destinée à la consommation locale a également enregistré une hausse de 2 % sur la même période.
Le mix électrique national demeure largement dominé par le gaz naturel, qui représente près de 94 % de la production totale. Les importations d’électricité ont, quant à elles, couvert 11 % des besoins du pays, principalement grâce aux échanges avec Algérie. Cette configuration confirme la forte dépendance de la Tunisie aux ressources gazières, qu’elles soient locales ou importées.
Recul de la production de gaz et de pétrole en 2025
En parallèle de cette hausse de la production électrique, les ressources nationales en hydrocarbures ont poursuivi leur tendance baissière. La production de gaz commercial sec a reculé de 10 % en 2025, s’établissant à environ 1,13 million de tonnes équivalent pétrole, contre 1,23 million en 2024. Cette baisse s’explique principalement par le déclin naturel des principaux gisements et l’absence de nouvelles découvertes majeures ou de projets de forage d’envergure.
La production nationale de pétrole a également diminué de 12 %, atteignant 1,2 million de tonnes équivalent pétrole en 2025, contre 1,4 million l’année précédente. De son côté, la production de gaz liquides, incluant celle de l’usine de Gabès, s’est élevée à près de 130 000 tonnes équivalent pétrole, en baisse de 4 %.
Un secteur confronté à des défis structurels
Le secteur tunisien de l’exploration et de la production d’hydrocarbures continue de faire face à des défis structurels importants. La volatilité des prix internationaux, les séquelles économiques de la pandémie de COVID-19, les répercussions de la guerre russo-ukrainienne ainsi que l’épuisement progressif des réserves dans la majorité des champs pétroliers pèsent lourdement sur les performances du secteur.
Malgré ce contexte, plusieurs opérations de forage ont été menées en 2025. Deux puits de développement ont été forés en janvier et en mars sur le permis « Chergui ». En août, un puits d’exploration a été réalisé sur le permis « Sidi Marzouk », avant d’être reclassé en puits de développement en novembre. Le même mois, un nouveau puits de développement a été lancé sur le permis « Jebel Grouz ».
Dépendance accrue au gaz algérien
La redevance totale perçue sur le transit du gaz algérien a diminué de 13 %, pour s’établir à 793 000 tonnes équivalent pétrole en 2025, contre 909 000 tep en 2024. Afin de compenser le déficit de production nationale, les achats de gaz algérien ont augmenté de 23 %, atteignant 2 824 000 tonnes équivalent pétrole.
Ces données confirment une tendance lourde du bilan énergétique 2025 en Tunisie : une hausse de la production d’électricité soutenue par le gaz naturel, mais dans un contexte de baisse continue des ressources nationales et de dépendance accrue aux importations, en particulier en provenance d’Algérie.