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Editorial

Immobilier : le temps des compromis

  • 17 février 16:54
  • 3 min de lecture
Immobilier : le temps des compromis

Le secteur immobilier tunisien semble en pleine turbulence. On parle, ainsi, d’un marché complexe et surtout déséquilibré. Favorable aux uns et pénalisant pour les autres. Il suffit de rappeler ici que l’accession à la propriété, longtemps un levier d’émancipation économique et de sécurisation sociale, est devenue aujourd’hui un horizon lointain, notamment pour la classe moyenne.

Les dernières statistiques confirment, en effet, que les acquisitions de logements sociaux, ou encore de standing moyen connaissent une baisse de régime importante, alors que le haut standing maintient une tendance haussière assez conséquente. Comprendre que le secteur, désormais contrasté, est géré, comme le confirment les spécialistes, selon un parallèle à deux vitesses : l’un pour la haute qualité, dominée et très demandée par une classe aisée, alors que l’autre, réservé au moyen standing, est difficile à commercialiser en raison d’une forte pression sur le pouvoir d’achat, notamment celui de la classe moyenne.

Une telle physionomie est en train de se traduire par une transformation structurelle profonde de l’immobilier et risque de conduire, progressivement, à évincer totalement la classe moyenne et celle à revenus faibles.

En plus clair, le maintien de cette tendance à deux vitesses ne manquera pas de désavantager encore plus la classe moyenne, déjà en difficulté, et pourrait même immobiliser totalement la demande au niveau de cette catégorie.

Il est important de préciser, toutefois, que l’envolée des prix du logement et la complexité des crédits immobiliers ont inversé la tendance et freiné ainsi la mobilité immobilière.

Un manque de mobilité qui justifie, d’ailleurs, un stock d’invendus assez préoccupant. Les statistiques disponibles parlent de plus de 800.000 logements en instance de commercialisation. Une panne sèche qui pourrait conduire, comme on a tendance à le rappeler, à un effritement du secteur.

Une situation, donc, critique qui impose, comme le réaffirme le Chef de l’Etat, une nouvelle approche immobilière reposant sur «une vision prospective et équitable», capable de garantir au citoyen un logement digne, accessible et surtout adapté à ses moyens financiers.

Mais le plus important, c’est que cette approche tient compte d’un ensemble de compromis qui protègent les intérêts des différents acteurs.

D’ailleurs, le programme de la location-vente pourrait apporter, à lui seul, des réponses positives. Il offre à la classe moyenne la possibilité d’acquérir un logement, de contourner certaines contraintes financières et de se prémunir, notamment, contre toute éventuelle hausse des prix, grâce à un accord préétabli.

D’autres pistes pourraient également aider à réguler rapidement le secteur. On pense, entre autres, à la révision des prix des matières premières, à l’allègement des taxes sur l’acquisition des biens immobiliers, et la réduction des charges fiscales au profit des promoteurs.

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Auteur

Anis SOUADI

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