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Pourquoi la France attire toujours les investisseurs internationaux : Arnaud Guigné fait le point

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  • 24 mars 16:44
  • 7 min de lecture
Pourquoi la France attire toujours les investisseurs internationaux : Arnaud Guigné fait le point

C’est dans le cadre d’un point de presse s’inscrivant sous l’enseigne des “échéances internationales co-organisées par la France au premier semestre 2026” et organisé aujourd’hui, mardi 24 mars 2026, par l’ambassade de France en Tunisie, que M. Arnaud Guigné, chef du Service économique régional (SER) de l’Ambassade de France en Tunisie, s’est arrêté sur les points phares du bilan annuel des investissements étrangers en France.

Le chef du Service économique régional a entamé son intervention en mettant en exergue les résultats de 2025, ayant “montré une bonne résilience de l’attractivité française”, tout en évoquant le document de référence sur lequel s’appuie son intervention, à savoir le bilan annuel publié en fin du mois de janvier par Business France.

M. Guigné a, de prime abord, indiqué qu’en termes d’investissements étrangers en France, “1 900 décisions d’investissement ont été recensées durant l’année dernière”. Et d’ajouter que ces décisions représentent une modeste hausse de 2 % par rapport à l’année 2024.

Il a noté que même si la hausse demeure modeste, il n’existe pas non plus de ralentissement majeur. “Un ralentissement est globalement observé dans le monde des investissements directs étrangers (IDE), ce qui est visible dans les chiffres macroéconomiques de la CNUCED, chiffres qui montrent un ralentissement en 2025. Toujours est-il qu’en France, on a pu comptabiliser 1 900 projets qui devraient générer 47 000 emplois.

Un taux qui est tout de même non négligeable !”, nuance M. Guigné. Et de poursuivre que de tels résultats montrent une stabilité par rapport aux années antérieures.

La France s’en sort pas mal

L’intervenant a indiqué, dans cet ordre d’idées, qu’en se référant au rapport EY de l’investissement étranger en Europe (un baromètre qui effectue des comparaisons entre les différents pays d’Europe), la France est classée première destination depuis sept ans. “En 2024, on a compté 1 000 projets.

Certes, ce chiffre est bien en deçà de 1 900, mais c’est parce que les méthodologies adoptées par EY, qui est une société privée, et Business France diffèrent”, note-t-il. Il a expliqué à ce titre que Business France a accès à bien plus d’informations et s’appuie notamment sur toutes les régions françaises.

“Business France comptabilise et prend en compte tout ce qui se passe en termes d’investissement de la part des étrangers et est donc apte à donner un chiffre bien plus précis et plus juste”, révèle-t-il. Et de préciser que l’Hexagone se rapproche de 2 000 projets d’investissements étrangers par an.

Pour ce qui est des raisons du choix de la France plutôt que d’autres pays européens en matière d’investissements étrangers, M. Guigné a indiqué que les éléments qui ressortent toujours dans les enquêtes sont les suivants : “une certaine stabilité macroéconomique malgré tout, la stabilité de l’euro et un taux d’inflation très faible, arrêté à 1 % l’année dernière en France”.

Le chef du Service économique régional a également cité une croissance économique acceptable parmi les critères de choix. “Nous avons eu quand même un taux de 0,9 % de croissance positive l’an dernier, alors que nous avions anticipé 0,7 % au début de l’année. Nous avons donc terminé l’année un peu mieux que prévu”, souligne-t-il. Et d’ajouter que “ce taux n’est certes pas extraordinaire, mais qu’il est meilleur que le taux enregistré, par exemple, en Allemagne, qui était à 0,2 %”.

L’énergie, élément clé

Il a toutefois signalé que la moyenne de l’UE était de 1,5 %, ce qui fait que la France demeure en dessous de la moyenne européenne. N’empêche, explique-t-il, “une certaine stabilité macro a été de mise, ce qui peut rassurer les grands investisseurs internationaux”. Et d’ajouter que le pays maintient une dynamique d’innovation dans la mesure où la France comprend un nombre important de centres de recherche et développement. “Nous avons le crédit d’impôt recherche, qui permet aux entreprises de bénéficier de l’aide de l’État pour faire de la R&D.

L’innovation est très importante dans la mesure où elle attire beaucoup d’investisseurs, notamment les start-up. Et on reste un pays leader en Europe sur la Tech. De plus, l’énergie est toujours citée comme un élément clé. Et nous avons un mix électrique qui est très stable grâce au nucléaire, qui représente 70 % de la production électrique, ce qui est particulièrement appréciable actuellement, d’autant plus que nous sommes en pleine période de tensions internationales sur les hydrocarbures, le gaz et le pétrole. Le nucléaire nous permet d’assurer une bonne stabilité des prix et de rassurer les investisseurs”.

Richesse humaine et réindustrialisation

L’intervenant n’a pas manqué de citer le critère de la richesse humaine, qui booste le classement de la France. Il a indiqué à ce titre que la formation et la ressource humaine sont garants d’un très bon niveau de compétences. “C’est un peu comme en Tunisie, qui est riche de ses compétences, notamment de ses ingénieurs”, note-t-il. Et d’expliquer que la compétence est toujours citée comme un des facteurs clés de choix des investisseurs qui viennent en France.

Il a indiqué, contrairement à ce qu’on pourrait croire, que ces investissements ainsi que la plupart des emplois créés ne sont pas à Paris, mais plutôt dans les régions françaises, où trois quarts des investissements sont enregistrés hors de l’Île-de-France. “Ça montre que c’est l’ensemble du territoire qui reste attractif”, note M. Guigné, tout en soulignant qu’en 2025, une forte croissance des investisseurs dans le secteur numérique, notamment les data-centers, a été observée.

“Les chiffres sont à ce titre très impressionnants et mettent en exergue le mix électrique très favorable, dans la mesure où cette situation électrique permet d’attirer les data-centers, qui sont très consommateurs d’électricité. Nous comptons aussi un nombre important de projets industriels qui représentent près de la moitié de l’ensemble des projets.

Et de rétorquer qu’il n’est pas facile de maintenir une dynamique d’industrialisation du moment que certaines industries disparaissent, fait qui nécessite d’attirer davantage l’industrie pour atteindre l’objectif de la souveraineté économique. Et cette souveraineté s’appuie sur la réindustrialisation de la France, un objectif qui est porté très fortement par nos autorités, d’autant plus que nous avons perdu une partie de notre tissu industriel depuis une trentaine d’années”.

Et M. Arnaud Guigné de conclure que l’objectif est donc de réengager les industries en France dans le cadre de la stratégie européenne, notamment de la réindustrialisation de l’Europe et de la souveraineté économique européenne. “Ceci n’est pas sans lien avec les chaînes de valeur, avec la Tunisie et avec l’Afrique. Parce que nous avons besoin de partenaires en dehors de l’Europe pour construire ces chaînes de valeur industrielles”, conclut-il.

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Auteur

Abir Chemli

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