Intempéries : découverte de vestiges archéologiques à Nabeul et Kélibia
Les récentes perturbations météorologiques qu’a connues le gouvernorat de Nabeul, particulièrement dans la nuit du lundi 19 au mardi 20 janvier, ont provoqué des découvertes inattendues. Caractérisées par des pluies torrentielles ayant entraîné une crue des oueds et une mer déchaînée — avec des vagues atteignant 12 mètres selon l’Institut National de la Météorologie (INM) — ces intempéries ont mis à nu des monuments archéologiques jusqu’alors enfouis sous le sable.
Les sites concernés se situent principalement
aux abords du site archéologique de Néapolis, sur la plage de Sidi Mahrsi à Nabeul et
à proximité du site punique de Kerkouane (Hammam Ghezèze), notamment dans les zones de Demna et Oued El Ksab.
Ces découvertes n’ont pas attiré que des chercheurs et des passionnés. Des individus ont tenté de s’emparer de pièces archéologiques révélées par les vagues. Les unités de la Garde Nationale sont intervenues, procédant à l’arrestation de trois personnes.
Par ailleurs, l’enregistrement et la documentation des vestiges sur les plages de Néapolis et de Sidi Mahrsi ont nécessité l’appui de la police environnementale et de la garde maritime afin de permettre aux agents de l’Institut National du Patrimoine (INP) de travailler sereinement face à l’afflux de curieux.
Des sources responsables de l’Inspection régionale du patrimoine du Nord-Est ont démenti, dans une déclaration à l’agence TAP, les rumeurs concernant un vol au musée du site de Kerkouane. Elles ont précisé que les arrestations concernaient des individus tentant de voler des objets à Demna et Oued El Ksab, à environ 1 km du site protégé.
Nature des vestiges découverts
Selon Ahmed Gadhoum, spécialiste de l’archéologie marine et côtière à l’INP, les premières observations révèlent :
À Sidi Mahrsi, un ensemble de murs pouvant appartenir à des habitations ou des thermes de l’Antiquité. Une étude approfondie est nécessaire pour dater précisément ces structures.
À Néapolis, des structures qui pourraient être des réservoirs d’eau destinés aux usines de salaison de poisson ou à l’approvisionnement des habitants. L’expert n’exclut pas qu’il s’agisse de bassins de salaison similaires à ceux déjà présents sur le site (utilisés autrefois pour la production du Garum).
Les services de l’INP procèdent actuellement à un inventaire des sites côtiers apparus après la tempête, notamment dans les gouvernorats de Nabeul et de Mahdia. Si certains sites étaient déjà répertoriés, les vagues ont révélé de nouveaux monuments totalement inconnus qui feront l’objet d’un diagnostic et d’une documentation scientifique.