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Selon Moez Soussi, professeur en sciences économiques, l’inflation en Tunisie, bien qu’en net ralentissement, ne se traduit pas encore par un soulagement tangible pour les ménages.
Mesurée sur la base de l’indice général de consommation des ménages, l’inflation a atteint un pic de 9,3 % en 2023 avant de se stabiliser autour de 5,3 % fin 2025. Toutefois, souligne l’économiste, cette baisse relative ne signifie pas que les prix ont diminué : ils continuent de croître, mais à un rythme plus modéré.
Ce décalage explique l’écart entre les chiffres officiels et le ressenti quotidien des citoyens, dont le pouvoir d’achat reste limité malgré un taux de croissance réel de 2,4 à 2,5 % en 2025. Le sentiment de cherté est particulièrement marqué pour les produits alimentaires, notamment les viandes rouges, les légumes, les fruits et le poisson. À l’inverse, certains produits comme les huiles ont enregistré une baisse relative, tandis que les prix régulés sont restés stables.
Pour Moez Soussi, la Tunisie progresse vers une meilleure maîtrise de l’inflation, mais l’amélioration concrète du niveau de vie demeure un défi majeur. La prochaine étape nécessite de trouver un équilibre entre stabilité économique et pouvoir d’achat, ce qui implique la mise en œuvre de réformes globales prenant simultanément en compte les prix et les revenus des ménages.