« 20 % des Tunisiens souffrent de problèmes d’infertilité, de grossesse tardives et ont des difficultés de procréation », c’est ce qu’a annoncé le Dr Wajdi Aguerbi, obstétricien, spécialiste en chirurgie gynécologique et assistance médicale à la procréation.
Intervenant ce matin du jeudi 5 février 2026 sur les ondes de la Radio nationale, le spécialiste a souligné qu’outre les raisons de santé, ces problèmes de fertilité sont aussi liés à des facteurs économiques, sociaux et culturels. Il a expliqué dans ce cadre que ce phénomène est aussi en étroit rapport avec le recul de l’âge du mariage et le mode de vie stressant, mais aussi avec la consommation en hausse de tabac, d’alcool et de stupéfiants.
Concernant les causes médicales, le Dr Aguerbi a indiqué que l’infertilité chez l’homme est souvent liée à des troubles hormonaux, à des infections, à des malformations des canaux éjaculateurs, ainsi qu’au diabète ou à des maladies génétiques. Quant à l’infertilité chez la femme, il a, en premier lieu citédes causes hormonales, notamment le syndrome des ovaires polykystiques, mais aussi les troubles de la thyroïde et l’insuffisance ovarienne précoce.
Il a également mentionné des problèmes utérins (adhérences, fibromes, malformations) et l’endométriose qui peuvent influer sur la fertilité féminine.
La solution ?
Le médecin a révélé que l’infertilité n’est pas toujours une fatalité dans la mesure où certaines causes peuvent être contournées grâce à la médecine. Il a insisté à ce titre sur l’efficacité des résultats enregistrées grâce aux outils médicaux actuels. C’est notamment le cas de la stimulation ovarienne, l’insémination artificielle et la fécondation in vitro (FIV). Des procédés, note-t-il, qui peuvent être utilisés après examens rigoureux du couple.
Il a, par ailleurs plaidé l’actualisation de la législationtunisienne afin d’autoriser la congélation d’ovocytes pour les femmes célibataires, compte tenu du mariage tardif. Il a rappelé que la Tunisie reste pionnière dans ce domaine, avec des centres de procréation assistée égalant les standards internationaux et qu’une révision de la législation ne peut être que bénéfique aussi bien pour la santé reproductive que pour la réputation scientifique du pays.