Le président du Parlement iranien, Mohammad Baqer Qalibaf, est l’une des rares figures clés de la République islamique encore en vie depuis le début des frappes sionistes et américaines sur l’Iran.
Après la mort du guide suprême Ali Khamenei dès le 28 février, de celle d’Ari Larijani mardi, l’ancien commandant des Gardiens de la révolution, ex-maire de Téhéran, ex-chef de la police nationale et ancien candidat à l’élection présidentielle fait désormais partie des rares figures en Iran disposant à la fois d’une expérience militaire et d’un poids politique.
Considéré comme un protégé d’Ali Khamenei et comme un proche confident de son fils Mojtaba, nommé guide suprême à son tour, il s’affiche en partisan de la ligne dure, promettant à Israël et aux Etats-Unis des « coups si dévastateurs qu’ils en seront réduits à supplier ».
Né en 1961 à Torqabeh, une ville du nord-est de l’Iran, Mohammad Baqer Qalibaf a été marqué dans sa jeunesse par les conférences auxquelles il assistait adolescent dans les mosquées en faveur de la révolution et du renversement de la monarchie.
Au début de la guerre Iran-Irak en 1980, il rejoint les Gardiens de la révolution, force paramilitaire nouvellement créée, et devient général en trois ans.
Après la guerre, il s’engage dans une carrière au sein des Gardiens, obtient son brevet de pilote militaire et grimpe les échelons jusqu’à diriger l’unité aérienne des « pasdaran ».
En 1999, il participe à la répression sanglante des manifestations étudiantes et signe avec d’autres commandants des Gardiens de la révolution une lettre adressée au président réformateur Mohammad Khatami, le menaçant de destitution s’il ne met pas fin à la contestation.
Il succède à son rival à la mairie de Téhéran, fonction qu’il occupera pendant douze ans, et se targue d’avoir contribué à réprimer des mois de troubles consécutifs à la réélection contestée de Mahmoud Ahmadinejad à la présidence en 2009.
De nouveau candidat à la présidentielle en 2013, il échoue. Quatre ans plus tard, il se retire pour éviter de diviser le vote des radicaux.
Il revient sur la scène politique nationale avec sa nomination comme président du Parlement en 2020, l’un des postes les plus importants de la politique iranienne, avant de se présenter, en vain à nouveau, à la présidentielle de 2024.



