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Sport

Regards sur le mercato hivernal : Un «mercato» assez actif

  • 12 février 10:49
  • 4 min de lecture
Regards sur le mercato hivernal : Un «mercato» assez actif

La Presse — Plus d’une quarantaine de joueurs ont « bougé » à l’occasion du dernier « mercato » hivernal. Les uns se sont renforcés, les autres ont colmaté les brèches. Avec quels résultats ? Nous ne pourrons le savoir qu’au terme de la compétition. Mais en fin de compte, pourquoi a-t-on instauré ce grand marché qui permet aux clubs, surtout de football, de faire leurs emplettes ? Les objectifs principaux de ce marché nous semblent assez clairs. Le staff d’une équipe, au terme des premiers engagements, relève, constate les imperfections et les insuffisances. Les uns pour concourir sérieusement pour un titre ou une qualification, les autres pour le maintien en première ligue, sont dans l’obligation de se mettre en quête d’éléments prometteurs ou pour lesquels on casse la tire-lire. La«vente» et les«achats» de joueurs sont de nature à équilibrer, alimenter ou soutenir les finances des clubs. Surtout que les clubs d’élite ne s’engagent pas seulement pour la saison en cours, mais voient plus loin. Acheter, prêter ou vendre des joueurs, acquérir des talents libres, surtout des jeunes où on a beaucoup plus de liberté, signifie un engagement pour l’avenir. Les grands clubs ont tendance à préparer le profil de l’équipe aux compétitions futures. Le mercato répond aussi à une autre contrainte : le nombre de compétitions de plus en plus élevé et la cadence insoutenable des matches.

La CAF et la Fifa ne cessent de créer et d’imaginer de nouvelles compétitions, de nouveaux challenges et, de nos jours, le rythme endiablé de ces compétitions, qui mobilisent des sommes énormes, soumettent les joueurs à une pression incroyable, insoutenable. D’ailleurs, les accidents se multiplient, car le corps humain a beau être correctement préparé, il y a forcément des limites que les instances internationales du football continentale ou mondiale ne reconnaissent pas. De toutes les manières, augmenter la qualité des remplaçants, meubler convenablement le banc est un souci de premier ordre pour les clubs constamment sollicités. D’après les statistiques, « le rythme élevé du football moderne, avec une accumulation de matchs, augmente significativement le risque de blessures, particulièrement lors de l’enchaînement de deux matchs en 10 jours. Les blessures, souvent musculaires ou articulaires, sont 6 à 10 fois plus fréquentes en match qu’à l’entraînement, avec une moyenne de 4 joueurs indisponibles par équipe de 25 ». Ce constat est bien à la disposition de tout le monde, mais aucun dirigeant ne le prend en considération. A voir les enveloppes que l’on fait miroiter, il y a de quoi tenter les clubs et faire saliver les joueurs, qui s’emploient à fond sans penser au reste. C’est dire qu’en brassant large, les équipes qui ont les moyens, s’attachent à renforcer l’effectif, à corriger des déséquilibres tactiques et s’emploient surtout à l’ajustement des finances.

La déferlante des litiges

Mais ce n’est pas toujours le cas. Au terme de la saison, nous enregistrons régulièrement la déferlante des dossiers déposés par les joueurs ou par le personnel d’encadrement pour défaut de paiement de salaire. Nous ne sommes pas en possession des plaintes déposées par les hôtels, fournisseurs et autres partenaires qui interviennent d’une façon ou une autre dans la vie. Les services des litiges de la Fifa auront bien du travail à faire et les interdictions de recruter seront à l’ordre du jour en début de saison prochaine.

Mais considérant la nécessité qui fait loi (?!), les comités en place s’engagent. Ils engagent plutôt les associations.

Au pire, les dirigeants démissionnent. Et on n’en parlera plus, tout en confiant les destinées d’un club, porte-drapeau d’une région ou qui compte des fans par milliers, aux tribunaux. C’est malheureusement la conséquence d’un travail mal fait, d’une lenteur administrative sans nom. A croire que l’on tient à voir notre football couler.

Auteur

Kamel GHATTAS

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