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Trump tient à l’île arctique : Les tambours de la guerre raisonnent-ils aux portillons du Groenland ?

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  • 14 janvier 17:07
  • 5 min de lecture
Trump tient à l’île arctique : Les tambours de la guerre raisonnent-ils aux portillons du Groenland ?

Donald Trump persiste et signe : “Nous devons mettre la main sur le Groenland”.

Le chef du gouvernement groenlandais : “À choisir entre les USA et le Danemark, on choisit le Danemark ! ”

Emmanuel Macron : “Une violation de la souveraineté du Groenland aurait des conséquences inédites et en cascade”.

“L’Otan devrait ouvrir la voie pour que nous l’obtenions”, a révélé aujourd’hui, sans le moindre scrupule, le président américain, quant à sa volonté de “s’approprier” le Groenland. À quelques heures d’une réunion prévue à Washington entre le vice-président JD Vance, le ministre des Affaires étrangères Marco Rubio et les chefs de la diplomatie danoise et groenlandaise, Trump persiste et signe qu’il ne lâchera pas l’affaire. Les choses commencent à se corser : l’affaire du Groenland semble être vraiment sérieuse.

Il faut dire que la communauté mondiale, habituée aux airs extravagants et aux discours un tantinet rocambolesques de Donald Trump, n’aurait jamais cru à cette péripétie. Les observateurs lambda avaient pensé, visiblement à tort, que le président américain voulait seulement casser l’audimat en faisant part d’un de ses interminables caprices. Mais la tournure des événements prouve qu’il fallait prendre ses dires avec bien plus de sérieux.

Donald Trump affirme que les États-Unis ont un besoin “ vital” de l’île arctique. Dans un message publié sur son réseau Truth Social, Trump a justifié sa volonté de prise de contrôle du territoire comme un “besoin vital pour la sécurité nationale des États-Unis”. Il a ajouté : “Si nous ne le faisons pas, la Russie ou la Chine le feront, et cela n’arrivera pas !”.

“Sur le plan militaire, sans la puissance considérable des États-Unis, que j’ai en grande partie bâtie au cours de mon premier mandat et que je porte aujourd’hui à un niveau encore plus élevé, l’Otan ne serait pas une force ou un moyen de dissuasion efficace, loin s’en faut !”, a-t-il rappelé, soulignant que tout autre scénario que celui qu’il défend serait “ inacceptable”. En réponse à ces déclarations, la partie danoise a renforcé sa présence militaire au Groenland ce mercredi 14 janvier.

Pour sa part, le Premier ministre groenlandais a estimé que le moment n’était pas opportun pour parler d’indépendance et mettre en péril le droit à l’autodétermination. “Nous ne devrions pas jouer avec notre droit à l’autodétermination alors qu’un autre pays parle de nous annexer”, a martelé Jens-Frederik Nielsen dans une interview aux médias groenlandais. Il a ajouté : “Cela ne signifie pas que nous ne voudrons pas quelque chose de différent à l’avenir. Mais ici et maintenant, nous faisons partie du royaume danois et nous le soutenons. C’est particulièrement important dans cette situation grave”.

L’Europe bouillonne

La présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, a apporté son soutien au Groenland face à l’intérêt croissant du président américain, affirmant : “Le Groenland appartient à son peuple. C’est donc au Danemark et au Groenland, et à eux seuls, de décider des questions qui les concernent ». Elle a ajouté que l’UE était en contact avec le gouvernement danois « pour écouter leurs besoins tout en rappelant que le Groenland fait partie de l’Otan”.

Dans le même ordre d’idées, le président français Emmanuel Macron alerte sur les conséquences “sans précédent” d’une prise de contrôle du territoire arctique par les États-Unis. Il a déclaré : ”Si la souveraineté d’un pays européen et allié était affectée, les répercussions seraient inédites”. Et de conclure : “Nous ne sous-estimons pas les déclarations sur le Groenland”.

Les chefs de la diplomatie danoise et groenlandaise participent actuellement à une réunion sous haute tension à la Maison Blanche. Le ministre danois des Affaires étrangères, Lars Løkke Rasmussen, avait sollicité ce temps de parole avec le secrétaire d’État, Marco Rubio. Le vice-président américain JD Vance doit également s’entretenir avec les deux diplomates.

Cette réunion pourra-t-elle calmer les ardeurs ? Les convoitises de Trump vont-elles s’évanouir, ou risque-t-on un quasi remake du scénario vénézuélien ? Même si tous les scénarios restent possibles, une crise géopolitique entre les États-Unis d’un côté et le Danemark ainsi que de nombreux pays européens de l’autre est déjà amorcée.

Les Danois ont renforcé leur présence militaire au Groenland, les Européens haussent le ton, et les tambours de la guerre risquent de raisonner aux portes de l’île arctique, qui, contrairement au Venezuela, est membre de l’Otan et soutenue par le vieux continent. Et il n’est pas de coutume de voir l’Europe jouer les spectateurs désolés lorsque les principes de l’ordre ne sont pas bafoués sur ses terres et qu’on s’avise à jouer avec ses principes fondamentaux de droit…

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Auteur

Abir Chemli

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