Le commerce électronique en Tunisie fait désormais l’objet d’un encadrement fiscal renforcé, porté par de nouveaux mécanismes techniques et juridiques permettant à l’administration de mieux suivre les activités des opérateurs du secteur.
Selon l’expert économique et financier Amjed Galssi, ce changement marque une « transformation radicale » dans la manière dont les autorités fiscales appréhendent les transactions réalisées via les plateformes numériques, touchant aujourd’hui des milliers d’acteurs actifs sur les réseaux sociaux.
Cette évolution s’appuie notamment sur la mise en place d’outils permettant un suivi plus précis du chiffre d’affaires des vendeurs en ligne.
Dans ce cadre, Galssi a souligné l’importance de l’article 52 de la loi de finances pour l’année 2025, qui instaure un mécanisme de retenue à la source de 3 %, appliqué par les sociétés de livraison sur les montants perçus au profit des personnes non titulaires d’un identifiant fiscal.
L’expert précise que cette retenue ne constitue pas un impôt définitif, mais une avance sur l’imposition, visant à assurer une traçabilité des opérations et à renforcer le contrôle numérique.
Ce dispositif permet ainsi à l’administration fiscale de relier les transactions à l’identité des vendeurs, notamment à travers la carte d’identité nationale, afin de mieux encadrer les flux financiers.
Ce dispositif a été renforcé en 2026 avec l’entrée en service complète de la plateforme « TAAJ », opérationnelle depuis le 1er janvier 2026.
Selon Amjed Galssi, cette plateforme représente une avancée majeure, puisqu’elle permet la déclaration instantanée et en temps réel de toutes les opérations de retenue à la source.
Grâce à ce système, les données relatives au chiffre d’affaires d’un nombre croissant d’acteurs du commerce électronique sont désormais accessibles de manière immédiate au ministère des Finances.
Pour l’expert, ces évolutions confirment que l’activité commerciale en ligne ne se développe plus en marge des mécanismes de contrôle, mais s’inscrit progressivement dans une logique de surveillance numérique et de régulation juridique plus structurée et plus précise.



