Kaïs Saïed dénonce des pratiques « criminelles » dans la distribution des intrants agricoles
Le président de la République, Kaïs Saïed, a examiné plusieurs dossiers lors de la rencontre qui l’a réuni, mercredi soir au palais de Carthage, avec Ezzedine Bencheikh, ministre de l’Agriculture, des Ressources hydrauliques et de la Pêche.
Parmi les sujets abordés figure la distribution du nitrate d’ammonium dans certaines régions du pays, notamment à Bizerte, Jendouba et Siliana, malgré une légère amélioration constatée dans d’autres gouvernorats. Le chef de l’État a dénoncé des pratiques qu’il a qualifiées de criminelles, soulignant que de petits agriculteurs sont privés de cette matière en raison de l’accaparement et de la manipulation des quotas de distribution.
Kaïs Saïed a rappelé que des comportements similaires avaient été observés lors de la création de l’Office National des Aliments du Bétail, lorsque certains opérateurs ont monopolisé les différents types de fourrage, les proposant à des prix inférieurs à ceux de l’office, dans le but de le fragiliser financièrement et de porter atteinte aux deniers publics.
Le président de la République est également revenu sur la campagne de récolte des olives, relevant que les capacités de stockage de l’Office national de l’huile demeurent limitées. Il a appelé à redoubler d’efforts afin que l’office puisse assumer pleinement son rôle et a donné ses instructions pour poursuivre la distribution de l’huile d’olive ainsi qu’une partie de la récolte des dattes sur le marché intérieur et au niveau des coopératives, afin de permettre aux citoyens et aux agriculteurs d’en bénéficier, tout en continuant à explorer de nouveaux marchés à l’exportation.
Par ailleurs, la politique de l’eau en Tunisie a aussi été au centre de la rencontre. Le chef de l’État a insisté sur la nécessité d’effectuer régulièrement des opérations de maintenance et de curage des barrages et des oueds. Il a souligné que de nombreux barrages ont été négligés au fil des décennies, certains étant aujourd’hui réduits à l’état de vestiges, à l’instar du barrage d’El Akhmas à Siliana, dont la capacité de stockage oscillait entre 5 et 7 millions de mètres cubes. Plusieurs oueds n’ont, par ailleurs, pas été curés depuis des décennies, tandis que de nombreux lacs collinaires sont envasés depuis les années 1970.