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A la une Société

Sauvetage de la Transtu : L’affaire de tous

  • 26 février 19:00
  • 5 min de lecture
Sauvetage de la Transtu : L’affaire de tous

Les habitants de Carthage et des zones desservies par la Transtu dénoncent depuis des années les abus et négligences sur plusieurs lignes de bus. Un élu local a enfin porté leurs doléances auprès du directeur régional du transport, pointant les irrégularités et le manque d’écoute. Cette initiative relance le débat sur la nécessité d’une réforme profonde pour sauver le service public de transport et restaurer la confiance des usagers.

La Presse — L’initiative était attendue d’autant que les abus et les dépassements sont devenus insupportables. Les faits rapportés par l’élu ne datent pas d’hier. Ils remontent à plusieurs années.

Une nouvelle approche

Les utilisateurs, notamment, des lignes 18 C et 20 C n’ont cessé de se plaindre des agissements des conducteurs de ces 2 lignes et leur ignorance totale des consignes de leur Société.

Ces comportements sont dénoncés à maintes reprises par les usagers. Mais aucune mesure dissuasive n’a été prise contre les contrevenants.

Ces graves négligences de la part des agents de la Transtu ne concernent pas, uniquement, les deux ou trois lignes mentionnées. On retrouve les mêmes problèmes sur d’autres axes (Mnihla, Ezzahrouni, Mhamdia, Fouchana, etc.).

Les mêmes scènes se répètent quotidiennement

Si les habitants de la banlieue nord se plaignent, c’est qu’ils sont exaspérés des conditions de transport qu’on leur offre.

C’est ainsi que le membre du Conseil local de Carthage a passé en revue avec le responsable régional de la Transtu tous les désagréments auxquels les habitants sont confrontés et a déploré le manque d’écoute.

L’entretien a porté sur le non-respect de l’itinéraire. En effet, les lignes 18 C et 20 C ne passent pas par les stations des cités Carthage-Mohamed Ali, la Yasmina, Byrsa. De fait, ce sont cinq stations qui sont grillées à l’aller comme au retour.

Les passagers sont obligés de descendre en cours de route pour continuer, ensuite, à pied.

Les élèves des lycées (Carthage Hannibal et Carthage-Présidence) attendent très souvent de longues heures sans voir venir le moindre bus. Ils n’ont d’autre choix que de rentrer à pied ou de rester sur place car sinon, ils pourront manquer les cours de l’après-midi. C’est le cas, aussi, des mauvaises manies des chauffeurs des lignes 20 partant du Passage qui, au lieu de suivre le tracé obligatoire, choisissent de couper à travers la rue du Ghana sans passer par l’avenue Mohamed V pour ne déboucher qu’à la Charguia. Là, il y a au moins 5 arrêts dont les passagers sont privés.

Alors qu’ils attendent, pendant des heures, des bus de la Transtu, des bus privés passent devant eux tous les quarts d’heure !

Ceux qui en doutent n’ont qu’à vérifier.

Pendant les DJF, les usages se déplacent !

En vérité, nous ne mettons pas en cause le professionnalisme de la majorité des chauffeurs, mais cela n’empêche pas les nombreux écarts auxquels se livrent certains d’entre eux.

L’autre réclamation, et non des moindres, a trait à la suppression de nombreuses dessertes les dimanches et jours fériés (DJF). Il est anormal de croire que les gens ne se déplacent pas pendant ces périodes.

D’où la nécessité impérieuse pour ceux qui sont chargés de veiller aux destinées de notre entreprise nationale de revoir leur politique et d’introduire les correctifs qui s’imposent.

Ce phénomène, faut-il le souligner, n’est pas propre à ces lignes. Il n’y a qu’à voir les posts sur les réseaux sociaux de la majorité des utilisateurs de ces lignes de bus qui rapportent les mêmes préoccupations et dénoncent les mêmes dépassements.

D’ailleurs, il faudrait que cette Société de transport réfléchisse, sérieusement, à un service efficace pour recueillir les doléances des usagers et être constamment à leur écoute.

Mais pas seulement. Les réclamations doivent être prises en compte car elles sont susceptibles de jeter la lumière sur des faits dont les responsables n’ont aucune idée.

Le  client est roi ?

Quant au service sur le site Internet (Écoute clientèle), il n’est d’aucune utilité. Le questionnaire que le client doit remplir est tellement fastidieux qu’il rebute plus d’un.

La grille à remplir contient des cases ayant trait à des données strictement personnelles qui ne devraient pas figurer dans de telles démarches. Cela ressemble beaucoup plus à une déclaration d’impôts.

En fin de compte, l’idée du membre du Conseil régional de Tunis et représentant de la zone de Carthage n’est que le point de départ qui s’intègre dans un cadre plus large. Nous pensons, effectivement, à l’action collective impliquant toutes les parties.

Car l’opération de sauvetage de la Transtu n’est pas l’exclusivité de la Société en question mais aussi celle de tous les Tunisiens.

Pour revenir à l’initiative de l’élu, il est à signaler que l’engagement a été pris de prendre les mesures qui s’imposent pour pallier ces contretemps qui portent de grands préjudices aux clients de cette entreprise de transport public.

Mais comme la situation n’est pas nouvelle, les habitants des zones concernées ne se font pas trop d’illusions quant à l’issue de leurs réclamations.

Espérons, toutefois, que ces efforts ne resteront pas vains.

Donc, l’initiative dont nous rapportons les détails doit s’enraciner dans l’action réformatrice.

C’est, justement, le but de notre proposition d’effectuer un audit ou de mettre sur pied une commission d’enquête parlementaire (voir notre article  publié le 18 février).

Auteur

Amor CHRAIET

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