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Carburants et électricité : les Tunisiens face à des hausses record ?

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  • 14 mars 11:40
  • 4 min de lecture
Carburants et électricité : les Tunisiens face à des hausses record ?

La Tunisie pourrait être confrontée à une hausse significative des prix du carburant, de l’électricité et des produits de consommation si le conflit entre les États-Unis, l’entité sioniste et l’Iran venait à se prolonger.

L’alerte a été donnée par deux experts tunisiens, l’ancien ministre du Commerce Mohamed Msilini et le professeur d’économie Dr. Aram Belhaj, qui ont exposé les impacts économiques directs et les scénarios possibles lors de leurs interventions médiatiques le samedi 14 mars 2026.

L’ombre de la guerre pèse…

Selon Mohamed Msilini, l’État pourrait être amené à réviser les prix de l’énergie et des produits de consommation pour faire face aux tensions géopolitiques. Il estime que la hausse des carburants pourrait atteindre 10 % ou plus, comme cela a été observé dans d’autres pays de la région, à l’instar de l’Égypte.

“Le ministère de l’Énergie dispose d’une méthode d’ajustement des prix tous les trois mois, permettant de réviser à la baisse ou à la hausse les tarifs de vente des carburants”, a-t-il précisé.

L’ancien ministre a aussi averti que les ressources allouées au développement pourraient être mobilisées pour combler le déficit budgétaire, ce qui entraînerait une rareté sur le marché des produits de consommation essentiels. Selon lui, la demande des consommateurs pour constituer des stocks de précaution s’accroît, en raison de l’incertitude sur la durée du conflit et de la hausse généralisée des coûts énergétiques et d’assurance, laquelle pourrait faire grimper le coût du transport et des produits importés.

Pour sa part, Dr. Aram Belhaj a souligné que la Tunisie, en tant que pays non producteur de pétrole, serait particulièrement vulnérable à cette crise énergétique. “La loi de finances 2026 a été élaborée sur la base d’un prix du baril de pétrole estimé à 63 dollars, mais toute hausse importante serait difficilement supportable pour l’État, les ménages et les entreprises”, a-t-il indiqué tout en rappelant que le déficit budgétaire prévu s’élève à 11 milliards de dinars et qu’il pourrait s’aggraver avec l’augmentation des prix de l’énergie.

Selon Belhaj, la poursuite du conflit obligerait l’État à absorber une partie du choc sur les prix pour les citoyens, en plus de supporter une charge sur les finances publiques, le déficit énergétique représentant environ la moitié du déficit commercial tunisien. Il a également mis en doute la préparation des autorités tunisiennes face à différents scénarios, pointant l’absence de mécanismes de protection comme des accords bilatéraux pour l’énergie ou des réserves stratégiques de pétrole.

Scénarios possibles et mesures préventives

Les deux experts évoquent un scénario d’augmentation des prix des carburants et de l’électricité, avec des conséquences directes sur l’inflation, les coûts de transport et le pouvoir d’achat des ménages. Belhaj recommande de renforcer les capacités de stockage, signer des accords bilatéraux avec des pays voisins (Libye, Algérie) et de mettre en place des mécanismes de couverture pour l’achat de pétrole.

Pour sa part, Msilini souligne que la demande sur le marché s’intensifie, certains consommateurs se constituant des stocks par crainte de pénuries. Selon lui, il est “possible que nous retournions faire la queue pour le pain et d’autres produits essentiels”, un scénario qui rappelle les tensions passées liées à des crises alimentaires et énergétiques.

Les deux experts alertent aussi sur les répercussions plus larges sur les chaînes d’approvisionnement mondiales, notamment en raison de la sensibilité de passages stratégiques comme le détroit d’Ormuz, le canal de Suez et la Méditerranée. Cela pourrait faire grimper les prix de l’énergie à l’échelle mondiale, affecter le budget de l’État tunisien, et peser sur l’investissement, les exportations et le tourisme, dans un contexte d’incertitude croissante.

Il se sont mis d’accord sur le fait que la Tunisie se trouve dans une situation économique fragile, avec un déficit budgétaire important, un marché de l’énergie dépendant des importations et des prix mondiaux instables. La combinaison des tensions géopolitiques et de la vulnérabilité économique du pays impose une préparation urgente à différents scénarios, afin de protéger à la fois le consommateur et les finances publiques.

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Auteur

Meriem KHDIMALLAH

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