Selon le sociologue Sami Nasr : la violence, un phénomène qui s’est banalisé au sein de la société
Le Dr Sami Nasr, chercheur en sociologie, a appelé à l’adoption d’une approche participative pour élaborer une stratégie claire de lutte contre la violence en milieu scolaire. Il a alerté sur une mutation profonde de la société tunisienne, passée du simple phénomène isolé à une véritable « culture de la violence ».
Une banalisation généralisée
Dans une déclaration à la Radio Nationale ce vendredi 6 février 2026, le sociologue a souligné l’existence d’une normalisation de la violence qui ne se limite plus à une région, un niveau social ou une catégorie spécifique.
Il a rappelé qu’un système de veille et de statistiques, sous l’égide du ministère de l’Éducation, existe depuis 2004 pour recenser les actes de violence en milieu scolaire.
« La Tunisie a été pionnière, se classant troisième mondiale après les États-Unis et la France dans la mise en place d’un tel système.
Cependant, ces données ne sont pas exploitées », a-t-il déploré, appelant à tirer la sonnette d’alarme.
Des chiffres alarmants
En marge d’une manifestation contre la violence scolaire organisée à la Cité des Sciences de Tunis, le directeur général de l’Observatoire de la protection des droits de l’enfant, Samir Ben Mariem, a insisté sur l’urgence de réformer l’espace scolaire.
Il a ainsi rappelé les résultats de la dernière étude nationale sur le sujet, selon laquelle
28,4 % des élèves déclarent avoir été victimes de violence tandis que 12,5 % l’ont été ponctuellement (une seule fois) alors que
15,9 % subissent des violences de manière récurrente.
Co-responsabilité famille-école
Le Directeur Général de l’Observatoire a mis l’accent sur l’importance d’impliquer directement les familles et les enfants dans le processus éducatif afin de créer un environnement sûr et protecteur pour les élèves.