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Tunisie : 5e en Afrique dans l’évaluation 2025 du climat des affaires par la Banque mondiale

  • 11 avril 12:36
  • 4 min de lecture
Tunisie : 5e en Afrique dans l’évaluation 2025 du climat des affaires par la Banque mondiale

La Tunisie occupe la cinquième place sur dix pays africains évalués dans le rapport “Business Ready 2025” de la Banque mondiale, avec un score global d’environ 52,7 points sur 100, inférieur à la moyenne mondiale. Ce classement place le pays dans une position intermédiaire, traduisant à la fois des acquis structurels importants et des défis persistants liés à l’environnement des affaires.

Sur le plan continental, la Tunisie est devancée par Maurice, le Rwanda, le Maroc et le Ghana, mais précède plusieurs économies africaines, dont le Sénégal, le Togo, le Bénin, la Côte d’Ivoire et le Cameroun. À l’échelle régionale, elle reste derrière le Maroc, qui obtient environ 63 points, tandis que l’Algérie ne figure pas dans cette édition du rapport.

Un nouveau classement de référence mondiale

Le rapport Business Ready (B-READY) est un nouvel outil d’évaluation lancé par la Banque mondiale pour remplacer l’ancien indicateur “Doing Business”, abandonné en 2021. L’édition 2025 fait partie des premières publications de ce nouveau système, encore en phase de déploiement.

Ce dispositif vise à mesurer la qualité de l’environnement des affaires à travers une approche plus complète et plus équilibrée. Il ne se limite pas uniquement aux lois et réglementations, mais intègre également leur application concrète.

Selon la Banque mondiale, la méthodologie B-READY repose sur trois piliers principaux à savoir : le cadre réglementaire (lois et règles applicables aux entreprises), les services publics liés aux entreprises et l’efficacité opérationnelle, c’est-à-dire la manière dont les règles sont appliquées dans la pratique.

Le rapport couvre aussi plusieurs domaines clés du cycle de vie de l’entreprise, notamment la création d’entreprises, l’accès aux services publics, le système fiscal, le commerce international, le marché du travail, les services financiers, la résolution des litiges et l’insolvabilité.

L’objectif est de combiner les données juridiques et les données issues des entreprises afin de mieux refléter la réalité du terrain.

Les performances de la Tunisie par indicateurs

Dans ce classement, la Tunisie enregistre des résultats contrastés : 62,56 points dans le cadre réglementaire, 43,02 points dans les services publics et 52,46 points dans l’efficacité opérationnelle.

Toujours selon le rapport, le pays se distingue particulièrement dans le domaine de la création d’entreprises, où il obtient environ 87 points, ce qui constitue l’un de ses meilleurs résultats. En revanche, des faiblesses importantes apparaissent dans les domaines de l’insolvabilité et du règlement des litiges, qui continuent de pénaliser son score global.

Malgré ce positionnement moyen, la Tunisie dispose d’atouts significatifs. Sa situation géographique stratégique, à proximité de l’Europe, facilite les échanges commerciaux et attire les investissements étrangers. Le pays bénéficie également d’une infrastructure relativement développée, notamment dans les secteurs du transport, de l’énergie et des télécommunications.

Par ailleurs, la Tunisie dispose d’un capital humain qualifié, avec un flux constant de diplômés dans les domaines de l’ingénierie, des technologies et des services. Cette ressource humaine représente un levier important pour le développement de l’économie numérique et des industries à forte valeur ajoutée.

Le pays possède également une certaine stabilité institutionnelle et administrative, perçue comme un facteur de sécurité pour les investisseurs. Toutefois, ces avantages restent partiellement freinés par la lenteur des procédures administratives, la complexité des démarches et un écart entre les textes juridiques et leur application effective.

La position de la Tunisie dans la catégorie des économies moyennes s’explique principalement par ce décalage entre le cadre réglementaire et sa mise en œuvre. Si les lois et réformes existent, leur application reste inégale, ce qui limite l’efficacité globale de l’environnement des affaires.

Dans ce contexte, l’amélioration du classement tunisien dépendrait essentiellement de la simplification administrative, de la digitalisation des services publics, et de la réduction des délais de traitement des procédures économiques et judiciaires.

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Auteur

R. I

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