Tensions Iran-États-Unis : Tournant décisif imminent au Moyen-Orient !
Motivés par une «victoire» spectaculaire au Venezuela, les Etats-Unis d’Amérique sont allés à la chasse aux mollahs en Iran, un régime en place depuis la «révolution islamique» de 1979 dont l’Occident (européens compris) ne dissimule pas sa volonté de démanteler en faveur d’un retour des Chahs actuellement en exil.
La Presse — Pour ce faire, le président américain Donald Trump a déployé une «armada» militaire exceptionnelle dans le Golfe persique, dont l’emblématique porte-avions Abraham Lincoln, lourdement armé, s’accorde-t-on à dire, avec l’objectif d’en finir avec «la menace nucléaire» iranienne, selon les termes usités de son ennemi numéro un dans la région : l’occupant sioniste.
Sans le moindre doute, la suprématie américaine n’est pas à démontrer ou à remettre en question sur les plans des effectifs militaires, des équipements, de la maîtrise de la technologie et même de l’influence géopolitique. Mais la situation sur le terrain est beaucoup plus complexe dans la mesure où l’Iran, loin d’être une superpuissance malgré son programme nucléaire, jouit de certains avantages stratégiques en mesure de mettre en difficulté la première puissance militaire au monde, dont notamment les intérêts stratégiques de la Russie ou encore ceux de la Chine qui considère l’Iran comme un allié économique, ne serait-ce que pour sa nouvelle route de la soie ou encore en tant que fournisseur principal de pétrole. Téhéran, qui a également l’avantage du terrain, menae de riposter vigoureusement contre toutes les cibles américaines, sionistes et partenaires dans la région, ce qui pourrait avoir des conséquences incontrôlables, de l’avis de nombreux experts se prononçant sur la question.
La situation étant telle, les Etats-Unis, rien que par leur engagement militaire et discursif, mettent leur épine, et en background celle de l’Otan et de l’Occident, à l’épreuve des mollahs et par-dessus les intérêts russes, chinois et le nouveau monde multipolaire pour lequel ils plaident, mais qui n’est pas encore constitué et institutionnalisé.
Face à ces enjeux colossaux, l’argument de défendre des manifestants opprimés dans le sang sous prétexte de défendre les droits de l’homme s’amenuise, surtout que les Etats-Unis sont partis seuls, sans mandat onusien, ni même une décision concertée au niveau de l’Otan.
Une question fondamentale se pose du coup : quelles seraient les conséquences d’une frappe américaine en Iran, ou alors quelle serait la signification d’un retrait sans guerre de « l’armada »de Trump?
Quelle que soient l’évolution de la situation et les hypothèses, le Moyen-Orient est désormais confronté à une situation décisive. Si les Etats-Unis parviennent à faire tomber le régime iranien et à remettre les Chahs à la place, ce serait une victoire stratégique aux dépens de la Russie et de la Chine confortant la suprématie américaine et occidentale, mais le pays risque de basculer dans une situation incontrôlable, pire que celle en Syrie ou en Irak ou encore en Libye et cela risque d’avoir des conséquences sur les chaînes d’approvisionnement énergétique. Si au contraire, Washington décide subitement de retirer ses troupes, faute d’intérêt palpable pour les Américains, ce serait quand même une défaite stratégique et un coup fatal à la crédibilité
de la première superpuissance de la planète qui n’a que trop fait l’éloge de sa gloire et sa domination. Si, enfin, la situation dégénère en guerre de longue haleine, et ce dont personne ne veut dans la région, à l’exception de l’entité sioniste toujours obsédée par son idée de terre promise et par son souci de sécurité, les conséquences économiques seraient majeures au niveau global, surtout en cas de choc pétrolier. Le scénario plus ou moins paisible d’une frappe américaine symbolique suivie d’une riposte iranienne encore plus symbolique est déjà écarté par la partie iranienne, ce qui signifie qu’un changement majeur est imminent au Moyen-Orient, dont le bénéficiaire serait sans doute celui qui ferait moins d’erreur de calcul. Ou autrement dit qui sera plus «Khawarizmi» (persique) que l’autre !