A l’approche de l’été, les habitants de plusieurs communes vivent dans la crainte d’être envahis par les moustiques et de revivre le scénario cauchemardesque de l’année dernière. En cause: certaines municipalités qui n’ont pas procédé au cours du mois de mars au traitement des gîtes larvaires dans les zones humides et marécageuses et notamment dans les zones où les eaux des pluies ont tendance à stagner.
La campagne de lutte contre les moustiques menée, chaque année, par les municipalités consiste à traiter biologiquement les larves des moustiques afin de les détruire et les empêcher de se multiplier et de pulvériser, par voie aérienne, des insecticides sur les populations adultes. Si la municipalité de Tunis le fait systématiquement en procédant, chaque année, notamment au cours du mois de mars, à des opérations d’épandage d’insecticides au niveau des zones de la sebkhet Sijoumi et des Berges du Lac qui concentrent le le nombre le plus élevé de gîtes larvaires propices à la prolifération de moustiques, certaines communes ne suivent pas le rythme, faute probablement de ressources financières. Il reste que si, certaines communes ont lancé d’importantes campagnes de démoustication, en utilisant le thermonebulisation (fumigation) et un épandage aérien de pesticides, le constat est amer pour une municipalité comme celle de Fouchana,qui, bien qu’elle dispose du deuxième budget le plus important après celui de Tunis, a accusé, cette année, un retard dans le lancement de ses opérations de démoustication.
Or, en été, en l’absence de traitement des larves de moustiques dans certaines zones, le résultat ne se fait pas attendre: laissant les fenêtres ouvertes, notamment la nuit, à cause des fortes chaleurs, des habitants ont subi les assauts et les piqûres répétées et désagréables de moustiques particulièrement agressifs. Les attaques intempestives de ces petites bestioles ont été responsables, l’année dernière, de maladies cutanées, touchant particulièrement les enfants et d’une recrudescence des admissions dans les hôpitaux.
À quelques semaines de l’été, les autorités locales sont encore dans les délais pour agir. Mais sans intervention rapide et coordonnée, le risque est réel de voir se répéter un été marqué par une forte prolifération de moustiques dont les conséquences risquent de se ressentir douloureusement sur les riverains.



