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Tunisie : un trésor forestier invisible pour les investisseurs climatiques

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  • 27 janvier 14:41
  • 3 min de lecture
Tunisie : un trésor forestier invisible pour les investisseurs climatiques

La Tunisie possède un trésor écologique et financier, mais la législation actuelle empêche le pays d’en tirer profit. Selon un récent rapport du Forum Tunisien pour les Droits Économiques et Sociaux (FTDES), le Code des forêts, en vigueur depuis 1966, est devenu un frein majeur à l’accès aux financements internationaux pour la protection du climat.

Le rapport intitulé « Code forestier et gestion durable des forêts » pointe notamment l’impossibilité pour la Tunisie de bénéficier du mécanisme REDD+, une initiative de l’ONU Climat visant à rémunérer les pays en développement pour la protection de leurs forêts et la réduction des émissions de CO₂.

Selon les experts, le vide juridique sur le carbone est un obstacle clé. « La loi ne définit pas la forêt comme un réservoir ou un puits de carbone », soulignent-ils. Sans cette reconnaissance légale, le pays ne peut pas quantifier sa séquestration de CO₂, et donc vendre de crédits carbone sur les marchés internationaux.

Le rapport dénonce également l’absence de systèmes de surveillance certifiés, indispensables pour REDD+. Les technologies modernes comme les drones, l’intelligence artificielle ou les systèmes d’information géographique (SIG), qui permettent de mesurer et vérifier la biomasse, restent ignorées. L’absence de base de données unifiée rend les forêts tunisiennes “invisibles” pour les bailleurs de fonds climatiques, notamment le Fonds vert pour le climat.

Le modèle de gestion est, en outre, ultra-centralisé : l’État détient un monopole exclusif, excluant les municipalités et les communautés locales des décisions stratégiques. Ce système bloque les partenariats public-privé nécessaires au développement de REDD+. Les droits des populations locales sont limités à un usage de subsistance, interdisant toute exploitation commerciale locale, ce qui alimente un sentiment de dépossession.

Sur le plan de la justice environnementale, le rapport critique un système punitif plutôt que restauratif. Les contrevenants sont sanctionnés par des amendes ou des peines de prison, rarement proportionnelles aux dégâts écologiques. Les experts recommandent des travaux d’intérêt général, comme le reboisement ou le nettoyage, pour impliquer les populations dans la préservation du patrimoine forestier.

Pour lever ces obstacles, le FTDES plaide pour une refonte profonde du Code forestier, avec l’intégration d’un chapitre spécifique “Forêts et Climat”. L’objectif est de transformer les forêts, actuellement perçues comme un “fardeau administratif”, en une véritable locomotive de développement durable, capable d’attirer des investissements verts internationaux et de générer des revenus carbone substantiels pour le pays.

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Auteur

La Presse

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